La Théorie Du Producteur: Chapitre Introductif
La Théorie Du Producteur: Chapitre Introductif
Matière : Microéconomie 2
Pr : Adraa ISMAILI
Groupe A et B
La théorie du producteur
Chapitre introductif
L’étude des décisions de production constitue le second pilier de l’analyse microéconomique. Il s’agit
ici d’étudier certaines décisions prises par les entreprises quant aux choix de la technique de production
et des quantités optimales des facteurs employés pour produire.
En tant que producteur, l’entreprise dispose de facteurs de production, nécessairement limités. Les
ressources étant rares, il s’agit donc de déterminer la combinaison optimale des activités qui rend
l’avantage recherché le plus grand.
Cette approche consiste à définir une relation de transformation d’inputs en output, c’est à dire une
fonction de production. Cette fonction permet d’étudier les techniques de production et de choisir, pour
un volume de production donné, la combinaison des inputs de sorte à minimiser le coût de production.
Chapitre 1 le comportement du producteur
les contraintes technologiques
La production est avant tout un processus de transformation des ressources (inputs) en différents produits
(output). Généralement, les économistes utilisent une fonction de production pour décrire la relation entre les
quantités produites (Y) et les quantités de facteurs de production (le travail, noté L et le capital, noté K). La
relation entre la quantité produite (Y) et les quantités de facteur travail (L) et capital (K) est généralement
exprimée à l’aide d’une fonction de production1, notée : Y = f (K, L).
Par mesure de simplification, les économistes réduisent la fonction de production à deux facteurs :
• L (le travail) : l’ensemble des ressources humaines …
• K (le capital): terrains, bâtiments, équipement …
Pour fonctionner, l’entreprise va combiner ces facteurs de production dans une certaine proportion pour obtenir
un produit ou output, une production. Cette combinaison est donnée par une contrainte technologique. On ne peut
pas produire une infinité d’outputs. => On ne peut produire qu’un certain niveau maximum d’outputs
Comment exprimer le lien qui existe entre les facteurs de production et la quantité produite?
I. La fonction de production :
1. Définition :
La fonction de production décrit la relation entre le niveau maximal de production d’un bien et les quantités des
différents facteurs nécessaires à sa fabrication.
Mais les choix du producteur sont limités par l’horizon temporel envisagé
A long terme : Tous les facteurs de production (K et L) sont variables. C’est un horizon suffisamment long pour
changer les capacités de production.
Q= f(K,L)
Ex : modifier les technologies de production dans une usine.
A court terme : Seul un facteur de production varie (L) tandis que l’autre est K est fixe.
Les capacités de production sont constantes.
Q= f (K, L)
2. l’analyse à court terme :
comment la production augmente (ou diminue) quand le nombre de travailleurs augmente (ou diminue).
Application1 :
L K PT PML PmL
0 10 0 -- --
1 10 10 10 10
2 10 30 15 20
3 10 60 20 30
4 10 80 20 20
5 10 95 19 15
6 10 108 18 13
7 10 112 16 4
8 10 112 14 0
9 10 108 12 -4
10 10 100 10 -8
Ensemble de production : ensemble de toutes les combinaisons d’inputs pour tous les niveaux d’outputs
envisagés.
Frontière de production : quantité maximale d’outputs que l’on peut obtenir grâce à la combinaison des inputs.
_ La productivité totale d’un input est une fonction qui relie la quantité totale d’output que l’on obtient et la
quantité utilisée de l’input variable, la quantité de l’autre input étant constante
_ En présence de deux facteurs 1 et 2 (L et K par exemple) dont les quantités utilisées sont x1 et x2, Si seul le
facteur 1 varie (L par exemple) Alors, la productivité totale du facteur 1 est :
PT 1 = f (x1, x 2) = f (L, K )
_ La PM mesure le nombre d’unités d’output produites par unité d’input utilisée : elle donne la contribution
moyenne du facteur variable à la production (l’autre facteur étant maintenu fixe)
_ La PM d’un input est donc définie comme le rapport entre la productivité totale de l’input et la quantité utilisée
de cet input
Définition de la productivité marginale :
_ La Pm d’un facteur de production est l’accroissement de productivité totale obtenu grâce à l’utilisation d’une
unité supplémentaire de ce facteur, l’autre facteur étant maintenu constant
_ Dans le cas du facteur travail, la Pm reflète la contribution d’un travailleur additionnel à la production totale
Loi de la productivité marginale décroissante : ‘‘lorsqu’on augmente l’utilisation d’un input (les autres
inputs étant maintenus constants), il existe un niveau d’utilisation de l’input variant à partir duquel la Pm
de cet input diminue ’
Contrairement au court terme où seul le facteur de production L varie, à long terme tous les facteurs de
production peuvent varier. Y’a-t-il alors intérêt à augmenter indéfiniment la structure de production ? La réponse
à cette question passe par l’analyse des rendements d’échelle.
Objectif de l’analyse des rendements d’échelle : elle consiste à quantifier l’impact d’une variation
proportionnelle et simultanée de tous les facteurs de production sur la production totale. Ainsi, si l’on
suppose que les facteurs de production K et L sont multiplié par deux, ceci nous amène donc à distinguer entre :
Remarque importante :
La nature des rendements d’échelle peut être déterminée par le degré d’homogénéité de la fonction de production
Rappel mathématique : une fonction à deux variables est homogène de degré m si et seulement si :
3.2. L’ isoquante :
A long terme nous savons que les deux facteurs K et L sont variables ce qui signifie que la production peut être
réalisée avec différentes combinaisons de K et L.
Application 2 :
Facteur L
Facteur K 1 2 3 4 5
1 20 40 55 65 75
2 40 60 75 85 90
3 55 75 90 100 105
4 65 85 100 101 115
5 75 90 105 115 120
Travail à faire :
Sur un même repère (L;K) :
-Représentez et reliez par la même courbe les combinaisons (L,K) qui présentent le même niveau d’output Q= 40,
-Représentez et reliez par la même courbe les combinaisons (L,K) qui présentent le même niveau d’output Q=55,
-Représentez et reliez par la même courbe les combinaisons (L,K) qui présentent le même niveau d’output Q= 75,
Réponses : le graphe ci-dessous est cité ici comme illustration et non comme réponses aux données de cette
application :
Définition d’une courbe isoquante :
C’est la représentation graphique de l’ensemble des combinaisons efficaces de facteurs de production (sur la
fonction de production) permettant d’obtenir le même niveau d’output
P1 : plus une isoquante est éloignée de l’origine, plus le niveau de production associé est élevé
P2 : les isoquantes ne se croisent pas
P3 : les isoquantes sont décroissantes : Si on augmente le niveau d’utilisation d’un input et que l’on désire
maintenir constant le niveau de production d’output, il est nécessaire de diminuer le niveau d’utilisation de l’autre
output ;
P4: les isoquantes sont convexes : Une isoquante convexe illustre une fonction de production à facteurs
substituables
Remarque : la forme des isoquantes dépend de la relation qui existe entre les facteurs de production
(substituabilité / complémentarité)
REMARQUE : Nous savons qu’il faut augmenter K si L diminue pour maintenir la production constante.
Question :
Si le nombre de travailleurs diminue de 1, combien d’unités de K faut-il ajouter pour maintenir le niveau
de production constant ?
En d’autres termes, à quel taux pouvons-nous substituer un facteur de production à un autre?
Solution
↓
Taux marginal de substitution technique (TMST)
Introduction :
Le producteur est un price taker (preneur de prix) : dans une situation de concurrence pure et
parfaite, le producteur ne peut pas influer sur les prix car ces derniers résultent de la
confrontation de l’offre et de la demande sur le marché. On dit que le prix est une donnée
exogène puisque le producteur la prend comme une donnée sur laquelle il n’a pas de prise.
Pour produire une certaine quantité des outputs, l’entreprise utilise une quantité des inputs qui entrainent
des coûts.
Si on considère une fonction de production à deux inputs (x₁ ,x₂ ) qui permettent d’obtenir un
niveau donné d’output y0, alors :
Si on considère deux inputs, le capital K et le travail L, le cout total sera égal à la quantité de
travail utilisée (L), multipliée par le prix de celui-ci (w), plus la quantité de capital utilisée (K)
multipliée par le prix de celui-ci (r): CT = L.w + K.r
La droite d’isocoût représente l’équation de la droite de la contrainte budgétaire que nous pouvons
déterminer à partir de la contrainte budgétaire du producteur :
Remarque : Un isocoût est une droite dont chacun des points représente une combinaison d’inputs qui
représentent pour l’entreprise un même cout total.
Représentation graphique :
…………………………………………………….
….. ……….…………………………….…………
…………………………………………………….
…………………………………………………….
…………………………………………………….
…………………………………………………….
L’un des objectifs du producteur est de chercher la manière la moins coûteuse possible de produire un
niveau déterminé d'output. Il va donc chercher à minimiser le CT pour un niveau d’output donné. Ce
niveau déterminé d’output constitue la contrainte technique donnée.
La résolution géométrique du programme du producteur passe par la représentation graphique dans un même
diagramme :
Des Isocoûts représentant différents niveaux de CT
D’une isoquante représentant un niveau donné d’output
Le point de tangence entre la droite d’iso coût la plus basse possible et l’isoquante détermine la combinaison
optimale d’inputs 1 et 2 minimisant le CT pour un niveau donné d’output
CT= w 1 X 1 +w2 X2
La fonction de cout réunit donc les couts de production résultant de l’utilisation optimales des facteurs de
production pour des prix des facteurs donnes w1 et w2 et différents niveaux de production y
La fonction de coût de court terme : c’est le cout minimum de production d’un niveau donné
d’output quand on ne peut ajuster que les inputs variables
_ Si seul l’input 1 est variable, le problème de minimisation des couts du producteur devient :
f( X 1,X2)=y
La fonction de coût de long terme : c’est le cout minimum de production d’un niveau donné d’output
quand on peut ajuster tous les facteurs de production
_ A long terme, les deux inputs sont variables, le problème de minimisation des couts du producteur rejoint le
problème initial :
f( X 1,X2)=y
Remarque :
Pour trouver l’optimum (L,K) qui minimise le cout total pour un niveau d’output
donné, on utilise les mêmes méthodes de résolution de l’équilibre du
consommateur :
Méthode du TMST ;
Méthode de Lagrange.
Les coûts moyens de l’entreprise sont donc la somme des Coûts Fixes Moyens (CFM) et des Coûts
Variables Moyens (CVM)
Sachant que :
CM’(y)= 1/Y(Cm(y)-CM(Y))
L’évolution du CM(y) dépend donc de la relation qui existe entre le Cm(y) et le CM(y)
Le CM est croissant : CM¢( y) > 0 donc Cm( y) > CM( y)
Le CM est constant : CM¢( y) = 0 donc Cm( y) = CM( y)
Le CM est décroissant : CM¢( y) < 0 donc Cm( y) < CM( y)
Si la fonction de Cm est
inferieure à la fonction de
CVM, alors la fonction de
CVM est décroissante
Si la fonction de Cm est
supérieure à la fonction de
CVM, alors la fonction de
CVM est croissante
La fonction de Cm coupe la
fonction de CVM à son
minimum
La fonction de Cm coupe la
fonction de CM à son
minimum
Le court terme est une période de temps au cours de laquelle tous les inputs ne sont pas variables, l’un d’eux au
moins est fixe
A court terme, l’entreprise détermine les quantités optimales des facteurs variables et cela pour chaque niveau
envisageable de facteur fixe
_ La production se réalise a partir des facteurs variables et des facteurs fixes
_ Les couts totaux de l'entreprise peuvent donc être décomposés comme suit :
CT(y) = CF + CV(y)
Donc : CM(y)= CVM(y)+CFM(y)
et : Cm(y)=ΔCT/Δy
Remarque :
A LT, les capacités de production changent, donc la dimension de l’entreprise change aussi :
Graphiquement, les courbes de couts de LT sont des courbes en U appelées courbes enveloppes
A long terme, le cout est une juxtaposition des couts a court terme
Le cout moyen de longue période
Le CMLT mesure le CM minimal supporté par l’entreprise selon la quantité produite quand tous les inputs
varient :
On dit que :
La courbe de CMLT enveloppe les courbes de CMCT
Commentaire :
A partir du graphique, on peut observer trois niveaux d’évolution des courbes de CM de court terme quand la
production (la taille ou la dimension) de l’entreprise augmente : Il y a donc une relation entre les CM et les
rendements d’échelle :
Pour 0<y<y1 : une croissante de la taille de l’entreprise déplace les courbes de CMCT vers la droite et le
bas. Le CMLT est décroissant : l’entreprise réalise des économies d’échelle, les rendements d’échelle
sont croissants
Pour y1<y<y2 : une croissante de la taille de l’entreprise entraine, sans modification de niveau, un
déplacement vers la droite des CMCT : les rendements d’échelle sont constants
Pour y>y2 : une croissance de la taille de l’entreprise déplace les courbes de CM CT vers la droite et le
haut. Le CMLT est croissant : l’entreprise réalise des déséconomies d’échelle, les rendements
d’échelle sont décroissants.
Conclusion :
Le cout total d’un niveau de production donné est la somme en valeur, aux prix du marché, de tous les
inputs utilisés par le producteur pour réaliser cette production ;
Le point de tangence entre la droite d’isocout la plus basse possible et l’isoquante détermine la
combinaison optimale d’inputs minimisant le CT pour un niveau donné d’output ;
La fonction de cout réunit les couts de production résultant de l’utilisation optimale des facteurs de
production pour des prix des facteurs donnés et différents niveaux de production ;
La fonction de coût de court terme représente le cout minimum de production d’un niveau donné
d’output quand on ne peut ajuster que les inputs variables ;
La fonction de coût de long terme représente le cout minimum de production d’un niveau donné
d’output quand on peut ajuster tous les facteurs de production ;
Les couts moyens sont la somme des couts fixes moyens et des couts variables moyens, la courbe des
couts moyens à une forme en U ;
Les couts marginaux sont égaux aux couts moyens et aux couts variables moyens quand ceux-ci sont
minimums ;
Les couts marginaux sont inferieurs (supérieurs) aux couts moyens et aux couts variables moyens quand
ceux-ci sont décroissants (croissant) avec le niveau d'output ;
La courbe des couts moyens à long terme est la courbe enveloppe inferieure des courbes couts moyens à
court terme.