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Jacques Rossi

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Jacques Rossi
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Photo et documents de Jacques Rossi
Nom de naissance Franz Xaver Heymann
Naissance
Bourg-en-Bresse, Drapeau de la France France
Décès (à 94 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français, Polonais

Œuvres principales

Jacques Francois Rossi, né Franciszek Ksawery Heyman, le à Bourg-en-Bresse[1] et mort le dans le 13e arrondissement de Paris[2], est un communiste polonais, naturalisé français. Après avoir passé plus de vingt ans au Goulag, il a témoigné de son expérience dans les livres Qu'elle était belle cette utopie !, Le Manuel du Goulag et Jacques, le Français.

Biographie

Franciszek est le troisième enfant de l'architecte polonais Marcin Heyman et de Léontine Charlotte née Goyet, une Française qui était gouvernante dans la maison des Heyman à Kalisz.

Après que la Pologne a recouvré son indépendance, la famille Heyman s'installe à Varsovie en 1920. En 1926, à 17 ans, Franciszek s'inscrit au Parti communiste polonais clandestin. L'année suivante, il est interné pendant six mois pour avoir distribué des tracts antimilitaristes et pro-bolcheviques. Approché par le Komintern à sa libération pour ses dons de polyglotte (il parle dix langues), il est recruté et part pour Moscou en 1929.

L'engagement devient son métier: Rossi ayant le don des langues, il devient agent de liaison soviétique, sillonnant l'Europe de l'entre-deux-guerres sous des identités d'emprunt, « des documents cachés dans ses chaussures », remplissant mille missions secrètes. Après une mission derrière les lignes franquistes en Espagne en 1937, il est rappelé en URSS, arrêté et condamné à huit ans de travaux forcés. Envoyé au goulag à Norilsk[3], il en ressort en 1955 pour être assigné à résidence à Samarcande jusqu'en 1961, date à laquelle, après une grève de la faim, il obtient son visa pour la Pologne.

En , Franciszek Ksawery Heyman change de nom pour devenir Jacek Franciszek Rossi. Naturalisé français le , il adoptera le nom Jacques François Rossi.

De 1964 à 1977, Jacek Rossi donne des cours en langue et littérature française à l’Université de Varsovie. Après avoir pris sa retraite, il effectue de nombreux séjours en France, au Japon et aux États-Unis, et se marie avec la traductrice Regina Gorzkowska.

Il se réinstalle en France en 1985 après avoir travaillé aux Etats-Unis sur The Gulag Handbook, publié en 1989 et préfacé par l'historien Robert Conquest. En 1997, son Manuel du goulag est publié en France. En 1999, le producteur Jean-Marc Turine réalise une série de cinq entretiens avec ce grand témoin du XXe siècle.

Après plusieurs accidents vasculaires cérébraux, il est accueilli en 2001 dans une maison de retraite gérée par des religieuses polonaises à Paris, l'Œuvre de Saint-Casimir, où il meurt trois ans plus tard.

Œuvres

  • Le Manuel du Goulag (traduit en collaboration avec Sophie Benech et Véronique Patte), Le Cherche midi éditeur, 1997
  • Fragments de Vies (en collaboration avec Sophie Benech), Elikia, 1995, devenu :
  • Qu’elle était belle cette utopie !, Le Cherche midi éditeur, 2000 et une version augmentée Pocket en 2002.
  • Jacques le Français - Pour mémoire du goulag avec Michèle Sarde, Le Cherche midi, 2002

Cinéma

Théâtre

Une pièce de théâtre lui a été consacrée : Ce que j'ai vu et appris au Goulag, de Judith Depaule / Cie Mabel Octobre[4].

Notes et références

Bibliographie

  • Guillaume Malaurie, « Jacques Rossi, le miraculé du goulag », L'Express, 22/01/1998, pp. 160–161.

Liens externes