Ed 6258
Ed 6258
Risques et prévention
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS)
© INRS, 2016.
Maquette et illustrations : Sophie Boulet.
Les bioréacteurs
Risques et prévention
ED 6258
octobre 2016
Ce guide a été rédigé par un groupe de travail, animé par l’INRS,
comprenant des professionnels exploitant des bioréacteurs :
Diane Bausson, Biospringer ;
Guillemette Bourget, Virbac ;
Nils Braun, HCB (Haut Conseil des biotechnologies) ;
François Capit, Sanofi ;
Nicolas Carboulec, Virbac ;
Christelle Chaudron-Monier, bioMérieux ;
Christine David, INRS (pilote du groupe) ;
Séverine Demasy, INRS ;
Julien Dulieu, bioMérieux ;
Angela Garde-Sparkes, Sanofi ;
François Gendre, CEA ;
Nathalie Holmes, Sanofi ;
Pierre Lanos, Roquette ;
Frédéric Nogier, bioMérieux ;
Rodrigo Rangel, Proteus ;
Joël Rebuffaud, Carsat Normandie.
2 PRINCIPAUX RISQUES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.1. Risques biologiques.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2. Risques chimiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3. Risques d’asphyxie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.4. Risques incendie/explosion. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.5. Risques physiques et mécaniques.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.6. Risques liés au bruit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.7. Travail posté, travail en horaires décalés.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3 PRÉPARATION DU BIORÉACTEUR. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.1. Stérilisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2. Milieux de culture.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.3. Injection de gaz. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.4. Pression. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.5. Température.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.6. Agitation.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
3.7. Sondes, capteurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
6 ENTRETIEN, MAINTENANCE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
RÉFÉRENCES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Figure 1.
Photobioréacteur
cultivant des
microalgues
L
es bioréacteurs sont utilisés pour culti- Les bioréacteurs possèdent une enveloppe
ver en masse des organismes d’intérêt : étanche, simple ou double, constituée de
cellules animales, humaines, végétales, verre, d’aciers inoxydables ou de polymères.
d’insectes, microalgues (figure 1), bactéries, Cette enveloppe peut être de forme ellip-
levures, moisissures, virus, parasites. Les tique, cylindrique, hémisphérique, conique,
organismes sont cultivés pour eux-mêmes plate, à grand ou petit rayon de carré… plus
(bactéries lactiques, levures, microalgues uti- ou moins volumineuse selon le type de
lisées en alimentation…) ou pour la molécule production (de 1 litre à 1 million de litres)
qu’ils peuvent produire (antibiotiques, hor- (figures 2 et 3). En cours de fonctionnement,
mones, protéines, antigènes, toxines, enzymes, le milieu de culture liquide est souvent agité
alcools, acides organiques, hydrogène…). Les par mouvement mécanique, hydraulique ou
bioréacteurs se retrouvent ainsi dans de pneumatique et régulièrement contrôlé pour
nombreux secteurs tels que la santé (phar- s’assurer de la bonne conduite du procédé.
macie, diagnostic), l’agroalimentaire, la cos- Suite à ces contrôles, le milieu est ajusté
métique, la chimie fine, l’environnement, les pour atteindre les valeurs optimales de dif-
énergies renouvelables, la recherche… férents paramètres comme la température,
le pH, la présence ou non d’oxygène, la pres-
En production industrielle, le bioréacteur sion (pression atmosphérique, surpression)…
est placé en extérieur ou dans un local répon- Enfin, selon le cas, le procédé peut nécessiter
dant au niveau de qualité exigé par la régle- des conditions d’asepsie, ajoutant des étapes
mentation et les normes du secteur, variant de stérilisation par injection de vapeur
selon la nature de l’organisme et la destina- d’eau dans l’installation ou par filtration des
tion du produit (annexe). intrants (figure 4).
4
Figure 2. Bioréacteurs produisant Figure 3. Bioréacteur produisant
des molécules pharmaceutiques des micro-organismes pathogènes
© Jean Chiscano pour Sanofi pour kit de diagnostic
© C. M.
Sonde gaz
Milieu de culture
Soupape de sécurité
Enveloppe étanche
simple ou double
Régulation de la température
Sonde température, pH
Additifs
(nutriments, antimousse,
régulation du pH…) Gaz Échantillonnage
Vidange
L
e point commun à toutes bioproduc- Les organismes génétiquement modifiés
tions industrielles réside dans la culture sont classés dans quatre autres groupes (de
en masse d’organismes vivants dans I à IV) selon le danger croissant qu’ils repré-
des bioréacteurs. Ces derniers génèrent des sentent pour l’homme et l’environnement
risques professionnels variés, liés : (art. D. 532-2 du code de l’environnement).
aux organismes cultivés ;
aux produits chimiques employés ou générés ; Les caractéristiques de la souche cultivée
aux machines et équipements ; doivent être parfaitement connues, tant
aux procédés ; pour la production que pour la santé des
à la simultanéité de différents stades de
personnes. Il est recommandé de rédiger
production dans un même local ; une «
fiche agent biologique
» regroupant
à la coactivité ; les différentes informations utiles à la
au rythme de travail. prévention des risques liés à chaque agent
biologique manipulé (voir encadré 1).
6
Lorsque l’agent biologique présente un 2.2. Risques chimiques
danger pour le personnel, il faut identifier
toutes les expositions possibles lors des De nombreux produits chimiques sont
différentes tâches effectuées autour des bio- employés dans la préparation des milieux de
réacteurs. Des mesures spécifiques de pré- culture (minéraux, solutions tampons, indi-
vention collective et individuelle sont alors cateurs de pH, antibiotiques et autres inhi-
mises en place pour éviter toute dissémina- biteurs de croissance…), lors des phases de
tion et exposition. Selon le groupe de risque production (ajout d’acides, de bases…) et lors
auquel il appartient, l’agent biologique devra des opérations de nettoyage et désinfection
être manipulé en respectant des mesures (tensioactifs, chlore…). Des produits comme
de confinement plus ou moins élevées. Ces l’acide fluorhydrique, le bifluorure d’ammo-
mesures permettent d’éviter la contamina- nium ou l’acide nitrique sont utilisés lors
tion de l’opérateur et, de façon indirecte, des opérations de traitement de surface des
de son entourage professionnel et familial. inox du réseau de vapeur et du bioréacteur.
S’il s’agit d’un nouvel agent biologique pour D’autres encore sont générés par les cellules
lequel il existe peu ou pas de données sur les mises en culture (enzymes, antibiotiques,
risques biologiques, il convient de prendre anticorps monoclonaux, hormones, éthanol,
les mesures de prévention correspondant au acides, CO, CO2, H2S, NH3…). Ces produits, pou-
risque le plus élevé identifié lors de l’éva- vant être sensibilisants, irritants, corrosifs,
luation. Cette dernière doit être enrichie par etc., constituent un danger pour le personnel
une veille scientifique continue, qui pourra s’il est exposé par inhalation, ingestion ou
conduire à revoir les mesures de prévention. contact.
Figure 5. Zones définies par la réglementation ATEX. Les couches, dépôts et tas de poussières combustibles
doivent également être traités comme source susceptible de former une atmosphère explosive.
Zone Zone
Atmosphère explosive présente…
gaz/vapeurs poussières
8
2.5. Risques physiques soumis à des inspections et requalifications
et mécaniques périodiques obligatoires (arrêté du 15 mars
2000 modifié relatif à l’exploitation des équi-
Un bioréacteur est une machine dont pements sous pression) [9]. De plus, le per-
l’utilisation peut engendrer des risques mé- sonnel chargé de la conduite d’équipements
caniques (heurts par les palles d’agitation, sous pression doit être informé et compétent
entraînement par l’axe de rotation, coupure pour surveiller et prendre toute initiative
avec les bords tranchants des palles, écra- nécessaire à leur exploitation sans danger. À
sement, etc.) ou physiques (brûlures par noter que l’entreprise donnant des spécifica-
contact, risque d’électrisation, chute, projec- tions techniques précises lors de la concep-
tion de liquides/gaz sous pression, choc lors tion peut être considérée comme le fabricant
des interventions sur ou dans le bioréac- et, de ce fait, détient la responsabilité de la
teur…). Près de la moitié des accidents se pro- mise sur le marché de la machine (confor-
duisent hors production, lors des opérations mité, marquage CE, etc.) [10].
de maintenance, d’entretien, de nettoyage ou
de réglage. La réception et l’installation de la ma-
chine sont des phases critiques. Les moyens
La sécurité doit faire partie des critères de manutention, les accès et les espaces de
de choix lors de l’achat du bioréacteur, qui se travail doivent être prévus et adaptés au bio-
fait en respectant une démarche précise d’ac- réacteur. De plus, il est capital de vérifier la
quisition d’une machine ou d’un équipement conformité du bioréacteur avec les exigences
de production [7]. Cette démarche globale de conception décrites dans les réglemen-
prend en compte l’utilisation de la machine, tations « Machines » et « Équipements sous
son implantation, son entretien et propose pression ». Cette vérification s’effectue lors
des solutions de prévention des risques ma- de la réception (avant sa mise en service)
chines [8]. et après toute modification, même a priori
minime.
La conception des bioréacteurs doit
répondre aux exigences essentielles de
santé et de sécurité prévues par la directive
« Machines » (2006/42/CE), transposée dans
le code du travail à l’annexe 1 de l’article
R. 4312-1.
(1) Équipements sous pression tels que défini par le décret 99-1046. Certaines dispositions ont été abrogées et sont désormais
codifiées dans le code de l’environnement.
10
Figure 6
(ci-contre).
Manchon
de protection
contre les risques
de brûlure
© C. M.
Figure 7
(à droire).
Signalisation
du risque
de brûlure
© Biospringer
3. PRÉPARATION DU BIORÉACTEUR
12
Figure 8. Signalisation du risque de brûlure
© Virbac
condensats, les purgeurs sont fermés et la signalisation claire et visible du risque lié à
vapeur peut être envoyée sous pression dans la chaleur (figures 7 et 8). L’opérateur devant
l’installation. intervenir lors de cette étape porte des gants
de protection contre la chaleur.
Des brûlures par vapeur et condensats
chauds peuvent survenir lors de purge ma- L’injection de vapeur dans l’enceinte
nuelle, d’ouverture prématurée d’éléments provoque un choc thermique et une sur-
du bioréacteur ou d’échappement acciden- pression dans le bioréacteur et ses périphé-
tel. Il est important de vérifier l’étanchéité
riques, pouvant entraîner des ruptures de
de l’installation avant l’envoi de la vapeur.
confinement. Des mesures de prévention
Cette vérification peut se faire de différentes
peuvent être prises dès la conception de
façons, notamment par :
l’installation :
envoi d’air à la même pression que la
des protecteurs de hublot (capot plein ou
vapeur et détection automatique de la perte
grille) peuvent être installés pour prévenir
de pression en cas de fuite ;
les projections en cas de rupture de hublot ;
contrôle visuel de l’intégrité des disques de
les raccordements sont préférentiellement
rupture ou mise en place d’un système de
soudés pour assurer une meilleure étan-
détection automatique de rupture…
chéité et une meilleure stabilité ;
La stérilisation par chauffage entraîne les raccords amovibles vissés ou à cou-
des risques de brûlure par contact avec le pleurs à joints toriques doivent être sécu-
matériel et les canalisations chaudes. Pour risés en étant démontables uniquement à
éviter cela, les canalisations sont munies de l’aide d’un outil, pour éviter qu’ils se déso-
manchons calorifuges (figure 6) et l’abord lidarisent sous l’effet de la chaleur et que
de la cuve du bioréacteur est limité, le toute personne non autorisée les manipule
temps de l’opération, par un balisage et une inconsidérément ;
14
Figure 10.
Bioréacteur 1 000 L
à usage unique
© Virbac
que les deux orifices de cette double enve- 3.1.3. Bioréacteur à usage unique
loppe sont complètement ouverts. Lorsque
le constructeur préconise de remplir à moitié Il est possible de supprimer les risques
d’eau la double enveloppe, il convient de s’as- liés à la stérilisation de l’enceinte en utilisant
surer que l’orifice supérieur est bien ouvert des bioréacteurs à usage unique. Ces bioréac-
et que l’orifice inférieur est bien fermé. teurs en polymère (actuellement utilisés pour
les productions à haute valeur ajoutée) sont
Lorsque les bioréacteurs sont stérilisés à stérilisés par le fabricant et doivent simple-
plein avec le milieu de culture, ils peuvent, ment être connectés aux équipements fixes
dans certains cas, éclater à leur sortie de non jetables, qui, eux, doivent encore être
l’autoclave. En effet, si le milieu n’est pas stérilisés (figure 10). Ces bioréacteurs jetables
assez refroidi, il peut se mettre à bouillir, suppriment également les opérations poten-
provoquer un colmatage des filtres et fina- tiellement exposantes de maintenance entre
lement l’éclatement du bioréacteur. Pour évi- chaque lot. En fin de production, les bioréac-
ter cela, il faut s’assurer, lors de la validation teurs contaminés par des micro-organismes
des cycles de stérilisation, que la descente en pathogènes ou des OGM sont évacués dans
température est bien effectuée au cœur du la filière des déchets d’activités de soins à
milieu de culture avant de sortir le bioréac- risques infectieux (DASRI) ou inactivés et
teur de l’autoclave. évacués dans la filière des déchets indus-
triels non dangereux [16].
Lors de la sortie des bioréacteurs de
l’autoclave, il est recommandé au personnel
de porter un vêtement de protection et un
écran facial. Ce personnel doit être habilité 3.2. Milieux de culture
à la conduite des installations sous pression.
Le milieu de culture est composé d’eau
et de produits chimiques qui apportent les
éléments nutritifs dont toute cellule a besoin
pour vivre : oxygène, carbone, hydrogène,
azote, vitamines… La composition du milieu
est adaptée à chaque type de cellule. Le
milieu peut provenir d’un fournisseur
extérieur ou être entièrement réalisé sur
le site de production. Lorsque les produits
16
placer au-dessus du mélangeur un capotage éventuelle explosion (dimensionnement, mise
et une aspiration avec rejet de l’air, si en place d’évents d’explosion…), doit être ex-
possible après traitement, à l’extérieur du plicité et intégré dans le document relatif à
bâtiment, loin des prises d’air neuf ; la protection contre les explosions (DRPCE),
utiliser des équipements limitant la hau-
annexé au document unique.
teur de déversement (par exemple, verser L’explosion pouvant mener à un incendie
le produit dans une canalisation plongeant (et inversement), il est essentiel d’éviter et de
dans le mélangeur) ; lutter contre tout départ de feu. Afin d’assu-
utiliser un système d’aspiration de la poudre rer l’évacuation des personnes en toute sécu-
dans les sacs, ce qui évite l’exposition lors rité, des dispositions devront être prises afin
du déversement et la manutention des sacs. de limiter la propagation d’un incendie (murs
À défaut, ou pour compléter les mesures et portes coupe-feu…) et de favoriser l’éva-
de prévention collective, les opérateurs por- cuation (signalisation, désenfumage, forma-
teront des EPI choisis selon l’évaluation des tion…) [20].
risques (gants, écran facial, APR2…).
18
de gaz ou des bouteilles de gaz qui seraient Pour limiter les éclatements, il est im-
présentes dans la salle. Afin de signaler tout portant de vérifier, dès réception et après
dysfonctionnement du renouvellement d’air, toute légère modification, la conformité du
la ventilation mécanique peut être couplée à bioréacteur et des périphériques aux exi-
des systèmes de contrôle de débit d’air, reliés gences des articles R. 557-9-1 à 557-9-10 du
à un signal sonore ou lumineux d’évacuation code de l’environnement et à celles du décret
et de non-pénétration. 99-1046.
Selon les risques liés aux gaz introduits
ou émis, des détecteurs peuvent également L’installation de soupapes ou de disques
être installés afin de signaler la présence de de rupture garantit une pression maximale
ces gaz dans l’air et de déclencher une procé- de sécurité. Il convient alors de vérifier le
dure d’urgence. Cette procédure, qui précise fonctionnement des soupapes et d’effectuer
le type d’action (évacuation, fermeture de un contrôle systématique de l’intégrité des
vanne…) et leur ordre de réalisation, doit être disques de rupture. Ces opérations sont pla-
adaptée à l’installation et ajustée en fonction
nifiées et inscrites dans une procédure qui
des retours d’expérience.
précise également la marche à suivre pour
dépressuriser les bioréacteurs.
La mise en place de manomètres non seu-
lement sur le bioréacteur, mais également
au niveau des périphériques (notamment
les canalisations d’approvisionnement) per-
met de contrôler à tout moment le niveau de
pression dans toutes les parties de l’instal-
lation. En fonction des risques que pourrait
engendrer une dérive de la pression, il peut
être recommandé d’augmenter le nombre de
manomètres, notamment dans les parties à
risque comme le ciel du bioréacteur ou la
sortie des évents.
Enfin, l’installation de barrières physiques mise en contact avec les organismes cultivés
transparentes peut être envisagée autour et ne présente pas de risque biologique autre
des installations jugées sensibles ou proches que celui lié au biofilm se développant dans
d’une zone de passage, afin de protéger toute canalisation d’eau.
les opérateurs des éventuelles projections
(figure 12).
3.6. Agitation
20
Figure 13.
Sonde rétractable
avec système doigt
de gant
© Biospringer
également une dépressurisation avec fuite Les capteurs en contact avec la culture
de gaz pouvant être inhalés par le personnel. doivent être stérilisables et, idéalement,
Pour éviter cela, il est recommandé d’assurer doivent pouvoir être enlevés et réintroduits
l’étanchéité des systèmes d’agitation par en cours de production, afin d’éliminer les
des garnitures mécaniques performantes
cellules qui peuvent les coloniser.
ou des systèmes d’agitation magnétique ne
traversant pas la paroi.
Lorsque les sondes sont retirées du bio-
U
ne fois préparé, le bioréacteur est Selon le volume, l’inoculation peut se faire
ensemencé et la culture étroitement au moyen d’une seringue perçant un orifice
surveillée. Le fonctionnement du bio- muni de caoutchouc (le septum), ou par trans-
réacteur en toute sécurité pour le person- fert en circuit fermé à l’aide d’une pompe as-
nel et la production implique le contrôle pirant l’inoculum. Dans ce cas, les tuyauteries
constant de la souche, des paramètres sont obstruées par des valves à diaphragme
physico-chimiques, des intrants et des rejets. et stérilisées à la vapeur avant passage de
l’inoculum. Le condensat de vapeur est récu-
péré dans un récipient avant d’être évacué.
22
Figure 14.
Protection de septum
© Proteus
immédiatement jetées après usage dans des assuré de la fermeture de toutes les valves ou
emballages pour DASRI. vannes le reliant au bioréacteur. Ce récipient
doit être préférentiellement en plastique à
Le septum peut également être source de usage unique plutôt qu’en verre cassable.
contamination par contact si un peu d’inocu-
lum s’y est déposé ou s’il fuit après plusieurs En cas de rupture du confinement au point
perforations. Avant toute opération, le sep- d’ensemencement (matériel usagé fragilisé,
tum doit être soigneusement contrôlé afin de mauvais montage des périphériques, bris
s’assurer de son étanchéité. Après sa perfo- du récipient de l’inoculum…), les opérateurs
ration, le septum doit être désinfecté à l’aide peuvent être exposés aux agents biologiques
de produits biocides compatibles avec le pathogènes par contact avec l’inoculum, cou-
matériau, puis recouvert jusqu’à la prochaine pure avec le verre brisé ou inhalation de
opération (figure 14). Selon l’évaluation du bioaérosols. Une procédure écrite doit expli-
risque il peut être recommandé de changer quer les mesures correctrices à suivre en cas
de septum après chaque piqûre. Il est rappelé de déversement accidentel (voir encadré 2
qu’on ne doit plus pratiquer de stérilisation p. 28). Le personnel effectuant l’ensemence-
du septum en imbibant celui-ci d’alcool puis ment doit se protéger en portant des vête-
en le brûlant ou en passant le chalumeau près ments couvrants, des gants et d’autres EPI
du septum pour créer une zone stérile. choisis en fonction du mode de transmission
de l’agent biologique pathogène (visières,
Afin de limiter la dispersion des micro- lunettes-masques, appareils de protection
organismes pathogènes, il convient de pri- respiratoire).
vilégier les méthodes d’ensemencement par
transfert en circuit fermé. Même dans ce cas,
certaines mesures de prévention doivent
être respectées. En effet, une mauvaise ré- 4.2. Échantillonnage
partition des vannes peut avoir des réper-
cussions sur l’écoulement dans le système Les échantillonnages régulièrement effec-
de drainage, le dégagement de vapeur et de tués sur le bioréacteur permettent de :
fluide [27]. De même, le retrait trop précoce surveiller l’évolution de la composition
du récipient contenant les organismes peut du milieu de culture, qui témoigne du bon
provoquer des fuites ou des aérosols. Pour développement des organismes ;
éviter toute fuite, le récipient de l’inoculum contrôler d’éventuelles contaminations du
doit être désolidarisé après que l’on s’est milieu par d’autres organismes ;
24
Figure 16.
Septum multiple
pour prise
d’échantillons
© Sanofi
26
de la mousse, au moyen de sondes de ni- des risques biologiques et porter des EPI
veaux déclenchant l’adjonction automatique adaptés (voir chapitre 4.3 sur les ajouts en
de produits antimousses. Un système méca- cours de production). Les EPI doivent égale-
nique brise-mousse, placé avant l’évacuation ment être adaptés aux gaz éventuellement
des gaz, peut également être installé de façon présents lors de l’opération [15].
permanente. Après la mise en place des filtres, ou toute
Pour les installations industrielles de opération sur les filtres, il convient de s’assu-
grand volume, un moussage important peut rer du bon état des cartouches de filtration et
conduire à des rejets de produits par les de l’étanchéité de l’installation.
cheminées ou évents en toiture. En dernier
recours, un chapeau de cheminée permet de En présence d’un système de chauffage
rabattre les mousses dans une cuve de réten- avant filtration, le personnel intervenant
tion placée autour de la cheminée et munie sur ces installations (changement de filtre,
d’une évacuation vers un poste de traitement panne…) s’expose à des brûlures par contact.
chimique ou thermique. Si des interventions Si le procédé le permet, il convient d’arrêter
en toiture s’avèrent nécessaires, des procé- le chauffage et d’attendre le retour à la tem-
dures décrivant les risques et les mesures de pérature ambiante, avant de débuter l’inter-
prévention doivent être rédigées et connues vention. Dans le cas contraire, le personnel
des intervenants habilités par l’employeur. doit être alerté sur le risque et porter des
À noter que les toits-terrasses doivent être EPI le protégeant contre les brûlures. Lors de
préférentiellement munis de garde-corps la conception de l’installation, il est impor-
périphériques ou, à défaut, de lignes de vie tant de prévoir des procédés de changement
ou de point d’ancrage pour système d’arrêt de filtre qui permettent de ne pas entrer
de chute. en contact avec les systèmes de chauffage
présents.
La dispersion des agents biologiques
contenus dans les mousses et les aérosols re-
jetés du bioréacteur est évitée par l’installa-
tion, au point d’évacuation des gaz, de filtres
à membranes hydrophobes antiparticules à
très haute efficacité, répondant à la norme
NF EN 1822. Le colmatage des filtres (entraî-
nant une surpression dans le bioréacteur) ou
leur détérioration peut provoquer des fuites
de gaz, de mousse et de micro-organismes. Le
personnel est donc particulièrement exposé
lors des opérations de changement de filtres
contaminés par les agents biologiques culti-
vés. Lorsque ces derniers sont pathogènes,
il est recommandé de désinfecter les filtres
par des systèmes automatiques (vapeur, par
exemple) avant toute intervention. En cas
d’impossibilité, le personnel doit être informé
28
Si le récipient contenant des souches pa- Pour limiter le bruit et les accidents, il est
thogènes doit sortir de la salle du bioréacteur, recommandé d’isoler les machines, comme
il est transporté dans un emballage secon- les séparateurs, dans un coffrage ou une salle
daire rigide, fermé, étanche, prévu à cet effet, dédiée.
muni de matière absorbante pouvant retenir
le volume du récipient en cas de déverse- Concernant les systèmes de filtration
ment. Un emballage tertiaire fermé est utilisé tangentielle, il est important que la pression
pour le transport entre bâtiments. Le picto- transmembranaire soit maîtrisée, pour limiter :
gramme « risque biologique » est apposé sur le passage des agents biologiques à travers
l’emballage extérieur. Si la souche pathogène la membrane ;
emprunte une voie publique, le transport se le colmatage de la membrane, qui peut en-
fera en respect des dispositions de l’arrêté du traîner une surpression suivie d’une rupture
29 mai 2009 modifié, relatif aux transports en service.
de marchandises dangereuses par voies ter- Dans ces deux cas, s’il existe une proba-
restres (dit « arrêté TMD »). bilité de passage d’agents biologiques patho-
gènes ou d’OGM dans le filtrat, celui-ci doit
être inactivé avant son élimination (voir
chapitre 5.4 sur la gestion des effluents). Les
5.2. Séparation, filtration filtres défaillants sont alors changés et les
tangentielle installations en aval sont désinfectées.
Pour améliorer la gestion de la pression
Certains procédés industriels comportent de ces systèmes, il est recommandé d’ins-
une étape de séparation des cellules, afin de taller un manomètre couplé à une alarme
les réinjecter dans un nouveau milieu. Pour signalant tout dépassement de la consigne de
cela, le bioréacteur est vidangé et les orga- pression.
nismes vivants sont récupérés au moyen d’un Des tests d’intégrité du filtre doivent
séparateur ou d’une filtration tangentielle. être effectués après chaque utilisation, pour
contrôler l’état du filtre et anticiper toute
Pour limiter les risques biologiques liés usure qui pourrait entraîner le colmatage et
aux agents potentiellement pathogènes, il est la rupture de la membrane.
recommandé d’effectuer ces opérations en
circuit fermé automatisé. Toutefois, le per- Toute opération sur l’installation de
sonnel peut être exposé lors de la rupture séparation est susceptible d’occasionner
de confinement (surpression, éclatement de des risques biologiques et des risques liés
tuyauterie, dysfonctionnement des pompes à l’utilisation des machines. Elle doit donc
de recirculation…). L’installation doit donc faire l’objet d’une procédure d’intervention,
être contrôlée avant de commencer l’opéra- comme décrit dans le chapitre 6 sur l’entre-
tion. tien et la maintenance.
Figure 19 (à droite).
Évacuation des
effluents par
caillebotis
© Biospringer
(4) L’inactivation des OGM consiste à leur faire perdre leurs capacités de transfert génétique, notamment de reproduction.
30
Figure 20.
Balisage d’une opération
de nettoyage/désinfection
© Biospringer
Ces produits chimiques présentent cer- en cas de fuite. Ces manchons pouvant se dé-
tains dangers pour le personnel effectuant colorer selon le pH du produit chimique avec
les opérations [30]. Utilisés régulièrement lequel ils entrent en contact sont recomman-
et sur de longues périodes sans protection dés pour les raccords situés dans des zones de
suffisante, ils peuvent provoquer des der- passage, à hauteur d’homme (figure 18).
matoses d’usure ou des eczémas de contact Des projections peuvent également avoir
allergiques. Les voies respiratoires des opé- lieu si l’évacuation des effluents se fait par
rateurs peuvent également être exposées déversement dans un caniveau d’évacuation
aux vapeurs dangereuses dégagées par les muni d’un caillebotis. Pour limiter les expo-
produits comme l’acide peracétique, la soude, sitions du personnel, le liquide peut être ca-
ou aux aérosols dégagés lors de l’utilisation nalisé dans un tube aboutissant au caniveau
de certains procédés. Avant toute inscrip- (figure 19). À défaut, l’accès à la zone doit
tion d’un produit dans une procédure de être limité, par un balisage et une signalisa-
nettoyage/désinfection, il convient d’en éva- tion, aux seules personnes devant intervenir.
luer les risques chimiques et d’essayer de le
remplacer par un produit non dangereux ou La procédure de nettoyage/désinfection
moins dangereux. peut prévoir que les personnes extérieures
au service se signalent en salle de contrôle
Les vapeurs dangereuses dégagées lors afin d’être autorisées à pénétrer dans la salle
de ces opérations doivent être aspirées et où se déroule une telle opération. Celle-ci
rejetées à l’extérieur du bâtiment ou être est indiquée par une signalisation claire et
condensées et traitées comme effluents à visible autour du bioréacteur (figure 20).
risque chimique.
Toute personne en charge des opérations
En cas de fuite du bioréacteur ou des péri- de nettoyage/désinfection porte des vête-
phériques, les opérateurs peuvent être expo- ments de travail couvrants et des gants épais
sés à des projections de produits chimiques. Il à longue manchette. Selon les tâches, cette
est important de s’assurer de la bonne étan- tenue est complétée par des équipements de
chéité de l’installation avant de débuter les protection individuelle adaptés (des bottes,
opérations de nettoyage/désinfection (trou un tablier étanche et un écran facial ou des
d’homme fermé, vérification visuelle de l’ins- lunettes-masque pour se protéger des pro-
tallation…). Les raccords à brides sont préféren- jections lors du transvasement de produits
tiellement recouverts d’un manchon de pro- concentrés, un APR antigaz [15] pour se pro-
tection qui casse le jet et limite les projections téger des vapeurs lors de l’arrêt d’une DSVA…).
5.4. Gestion des effluents les mêmes que ceux décrits pour la stérili-
sation (voir chapitre 3.1 sur la stérilisation).
Les bioréacteurs génèrent des déchets Les opérateurs travaillant sur les installa-
liquides comme les eaux de lavage, le milieu tions d’inactivation risquent de se brûler
de culture contenant ou non des organismes par contact avec la cuve et les canalisations
vivants. En présence d’agents biologiques chaudes. Pour éviter cela, les canalisations
pathogènes ou d’OGM, les effluents issus des sont munies de manchons calorifuges ou en-
éviers, des douches et du lavage des sols tourées d’une barrière physique (figure 21) et
sont collectés et inactivés par traitement l’abord de la cuve est limité par un balisage
thermique ou chimique. Selon les cas, les et une signalisation claire et visible indiquant
effluents peuvent être traités biologiquement le risque lié à la chaleur. L’opérateur devant
dans une station d’épuration avant leur rejet intervenir à cette étape porte des gants de
dans le réseau d’eaux usées. Les effluents ne protection contre la chaleur.
présentant pas de risque biologique peuvent
également nécessiter un traitement chimique. Les effluents peuvent aussi être inactivés
En effet, tous les effluents subissent une par traitement chimique (hypochlorite de
neutralisation du pH et, si nécessaire, un sodium, acide peracétique, eau oxygénée…).
refroidissement avant leur rejet, répondant Pour limiter les risques liés aux produits
ainsi aux prescriptions de la réglementation chimiques, il est recommandé, selon les cas,
sur l’environnement. Selon le type de pro- d’installer des dispositifs d’aspiration au-
duction, il peut être imposé d’effectuer des dessus du mélangeur ou de la cuve d’inacti-
prises d’échantillons après traitement, afin vation (préférentiellement close). Le person-
de vérifier l’absence de danger résiduel. nel doit porter les EPI choisis en fonction de
l’évaluation des risques.
Le traitement thermique peut se faire par
autoclavage (cycle validé assurant la montée
en température dans tout le volume) ou par
envoi des effluents potentiellement conta-
minés vers une installation d’inactivation
thermique. Cette enceinte chauffe le liquide à
une température qui peut aller de 50 à 121 °C
pendant 20 à 60 minutes, paramètres vali-
dés selon l’agent biologique, sa charge et le
volume à traiter. Les risques encourus sont
32
L’effluent subit, selon les cas, un dernier
traitement permettant de neutraliser son
pH par adjonction de base ou d’acide. Pour
limiter les brûlures chimiques, il est préfé-
rable que ces produits soient ajoutés automa-
tiquement aux effluents. Si l’addition de ces
produits est manuelle, il convient qu’elle se
fasse dans un espace ventilé et que les opé-
rateurs portent les EPI choisis en fonction de
l’évaluation des risques (voir chapitre 3.2 sur
les milieux de culture).
L
e personnel peut être amené à interve- Le personnel intervient sur le bioréacteur
nir sur le bioréacteur ou ses périphé- et ses périphériques uniquement après avoir
riques, lors d’un dysfonctionnement en reçu un document attestant de la réalisation
cours de production ou lors d’une opération d’une opération de nettoyage/désinfection.
de maintenance planifiée entre chaque lot. En cas d’impossibilité, les risques biologiques
Concernant les grandes installations, il peut résiduels et les mesures de prévention asso-
être nécessaire de faire intervenir le per- ciées devront être indiqués dans la procé-
sonnel à l’intérieur de la cuve préalablement dure d’intervention.
vidée, qui représente un espace confiné dans
lequel on pénètre par un trou d’homme. Cette procédure d’intervention doit être
établie avant toute opération. Elle doit lis-
Les interventions sur les équipements ter tous les risques encourus et indiquer les
de travail peuvent entraîner de nombreux mesures de prévention adéquates. L’inter-
risques liés au redémarrage d’un équipe- vention sur une machine nécessite au préa-
ment, à la mise sous tension électrique, à la lable sa consignation, qui comprend plusieurs
pression, la vapeur, aux produits chimiques étapes à respecter (voir encadré 3) [31]. La
ou biologiques, aux efforts physiques (mon- déconsignation demande la même vigilance
tage et démontage de pièces parfois lourdes). concernant les opérations et leur ordre d’exé-
cution, qui n’est pas nécessairement l’ordre
inverse de la consignation. Ces opérations
sont effectuées par le chargé de consigna-
Encadré 3. Étapes de consignation des bioréacteurs tion, formé et habilité.
et des équipements
Lorsque le personnel pénètre dans les bio-
La consignation comprend plusieurs étapes, dont réacteurs, il encourt en plus les risques spé-
l’ordre de réalisation varie selon l’évaluation des cifiques aux interventions en espace confiné :
risques : incendie/explosion, intoxication, asphyxie.
• la séparation du matériel de toute source d’énergie L’atmosphère de l’enceinte doit être vérifiée
en amont et en aval ; avant que l’opérateur y pénètre. La teneur en
• l’élimination de toutes les énergies (électrique, oxygène, les valeurs inférieures d’explosivité
hydraulique, pneumatique, mécanique) et fluides et valeurs court terme des produits ou gaz,
(vapeurs, eau, air, produits chimiques) ; susceptibles d’être présents dans le bioréac-
• la condamnation et signalisation par un matériel teur, sont obligatoirement recherchées [24,
facile à identifier et difficile à neutraliser ; 32, 33]. Si une seule de ces valeurs dépasse la
• la vérification de l’absence de danger suite à la mise valeur limite, des moyens sont mis en place
en place de toutes les mesures précédentes ; pour rendre l’atmosphère salubre et la main-
• la signalisation de la zone d’intervention. tenir pendant toute la durée de l’interven-
tion. La salubrité de l’air peut être obtenue en
34
captant les polluants et en insufflant de l’air lacer les vannes et les sectionneurs
p
neuf si la ventilation naturelle n’est pas suf- d’énergie au plus près du bioréacteur et de
fisante. Tout le temps de l’intervention, une l’équipement, de façon à ce que l’interve-
personne doit se tenir à l’extérieur, auprès du nant puisse s’assurer visuellement de leur
regard ouvert, et rester en liaison phonique, condamnation ;
visuelle ou physique avec la personne à l’in- équiper l’installation de moyens de manu-
térieur du bioréacteur. Selon l’évaluation des tention de pièces lourdes (palan…) ;
risques, cette dernière porte un détecteur de prévoir un espace sous plafond et une
gaz [34] en état de fonctionnement pendant ouverture suffisante pour l’extraction des
toute la durée de l’intervention, lui permet- pièces lourdes et encombrantes.
tant d’évacuer en cas d’alarme. L’interve-
nant peut également porter un appareil de En fin d’intervention, tout le matériel
protection respiratoire isolant ou avoir à sa employé (tournevis, clefs…) doit être net-
disposition, fixé à sa ceinture, un masque toyé et désinfecté, suivant une procédure
autosauveteur. plus ou moins contraignante selon le danger
des agents biologiques cultivés. Le matériel,
Dans ce même esprit, pour les petits bio- préférentiellement spécifique à la salle tech-
réacteurs, il est recommandé de ne pas se nique, l’est de façon obligatoire, en présence
pencher trop près de l’ouverture (lors d’écou- d’agents biologiques pathogènes.
villonnage ou autre) afin d’éviter de respirer
les gaz résiduels.
S
elon le type de production, les bio- comparaison de ces textes montre que ces
réacteurs doivent être placés dans des exigences sont très semblables (tableau 1).
salles techniques dont la conception Toutefois, en cas d’utilisation de MGM,
répond aux exigences de la réglementation lorsque les prescriptions de l’article D. 532-3
et des bonnes pratiques. du code de l’environnement et de l’arrêté du
16 juillet 2007 divergent, il convient d’appli-
La mise en œuvre de bioréacteurs, dans quer systématiquement les mesures de confi-
lesquels sont cultivés des agents biologiques nement les plus contraignantes.
appartenant aux groupes de risques infec-
tieux 2, 3 ou 4, doit répondre aux disposi- Des exigences de conception du local
tions de l’arrêté du 16 juillet 2007, relatif peuvent également provenir des bonnes pra-
aux mesures de confinement à respecter tiques du secteur. Par exemple, la production
notamment dans les établissements indus- pharmaceutique doit répondre aux exigences
triels [28]. Les bioréacteurs cultivant des américaines de la Food and Drug Administra-
micro-organismes génétiquement modifiés tion. Certains bioréacteurs peuvent ainsi être
de groupe I, II, III ou IV doivent être placés placés dans des salles propres, construites et
dans des salles techniques répondant aux utilisées de façon à minimiser l’introduction,
prescriptions de l’article D. 532-3 du code la production et la rétention de particules
de l’environnement, renvoyant vers les dis- à l’intérieur de la pièce. Neuf classes (ISO 1
positions de la directive 2009/41/CE relative à 9) de propreté décroissante ont été définies,
à l’utilisation confinée de micro-organismes selon la taille et la concentration des par-
génétiquement modifiés (MGM) [29]. La ticules dans l’air (norme NF EN ISO 14644-1).
36
Mesures de confinement Niveau de confinement pour agent biologique Classe de confinement pour MGM
dans les salles dédiées
aux activités techniques 2 3 4 1 2 3 4
37
38
Mesures de confinement Niveau de confinement pour agent biologique Classe de confinement pour MGM
dans les salles dédiées
aux activités techniques 2 3 4 1 2 3 4
Mesures spécifiques
pour que la zone contrôlée soit
Selon Selon Selon
convenablement ventilée – – – Obligatoire
l’évaluation l’évaluation l’évaluation
pour minimiser la contamination
par voie aérienne
Selon
Système de ventilation de secours Non Oui – – – –
l’évaluation
Oui,
Oui,
Fenêtres fermées pendant Oui hermétiquement
hermétiquement – – – –
la manipulation closes et
closes
incassables
Moyens de communication
Oui Oui Oui – – – –
avec l’extérieur
Selon Selon
l’évaluation, l’évaluation,
si oui, si oui, Oui, dans le sas
à proximité à proximité de la salle dédiée Non Non Selon
Présence d’une douche Obligatoire
de la salle de la salle dédiée aux activités obligatoire obligatoire l’évaluation
dédiée aux activités techniques
aux activités techniques
techniques
[1] Travailler avec des produits chimiques. Pensez prévention des risques !, INRS, ED 6150.
[2] Dans mon entreprise, j’étiquette les produits chimiques, INRS, ED 6197.
[3] Kettner M. et al. (2013), « A fatal case of CO2 intoxication in a fermentation tank »,
Journal of Forensic Sciences, 10.1111 : 1556-4029.12058.
[4] Les espaces confinés. Assurer la sécurité et la protection de la santé des personnels intervenants,
INRS, ED 967.
[5] Évaluation du risque incendie dans l’entreprise. Guide méthodologique, INRS, ED 970.
[6] Mise en œuvre de la réglementation relative aux atmosphères explosives (ATEX).
Guide méthodologique, INRS, ED 945.
[7] Réussir l’acquisition d’une machine ou d’un équipement de production, INRS, ED 103.
[8] Sécurité des équipements de travail. Prévention des risques mécaniques, INRS, ED 6122.
[9] Principales vérifications périodiques, INRS, ED 828.
[10] Machines neuves « CE », INRS, ED 54.
[11] Techniques de réduction du bruit en entreprise. Quelles solutions, comment choisir, INRS, ED 962.
[12] Techniques de réduction du bruit en entreprise. Exemples de réalisations, INRS, ED 997.
[13] Horaires atypiques de travail, INRS, ED 5023.
[14] Les équipements de protection individuelle des yeux et de la bouche, INRS, ED 798.
[15] Les appareils de protection respiratoire. Choix et utilisation, INRS, ED 6106.
[16] Déchets infectieux. Élimination des DASRI et assimilés. Prévention et réglementation, INRS, ED 918.
[17] Stockage et transfert des produits chimiques dangereux, INRS, ED 753.
[18] Couteaux à lame jetables, INRS, ED 115.
[19] Sorbonnes de laboratoire – Guide pratique de ventilation, INRS, ED 795.
[20] Consignes de sécurité incendie. Conception et plans associés (évacuation et intervention),
INRS, ED 6230.
[21] Codage couleur des tuyauteries rigides, INRS, ED 88.
[22] Manutention des bouteilles de gaz, Recommandation R 282, CNAMTS.
[23] Conception des lieux et des situations de travail, INRS, ED 950.
[24] Les explosimètres, INRS, ED 116.
[25] Nonus M. et al., « Fermenteurs industriels. Conception et réalisation », Techniques de l’ingénieur.
[26] Guide des matériels de protection, consultable sur le site du GERES (Groupe d’étude sur le risque
d’exposition des soignants aux agents infectieux) : www.geres.org.
[27] Norme NF EN 13092 : Équipement – Guide de procédures pour l’échantillonnage et l’inoculation.
[28] Arrêté du 16 juillet 2007 fixant les mesures techniques de prévention, notamment de confinement,
à mettre en œuvre dans les laboratoires de recherche, d’enseignement, d’analyses, d’anatomie
et cytologie pathologiques, les salles d’autopsie et les établissements industriels et agricoles
où les travailleurs sont susceptibles d’être exposés à des agents biologiques pathogènes.
[29] Décret n° 2011-1177 du 23 sept 2011 relatif à l’utilisation confinée d’organismes génétiquement
modifiés.
[30] La désinfection des surfaces en laboratoire de biologie, INRS, ED 6188.
[31] Consignation et déconsignation, INRS, ED 6109.
[32] Espaces confinés – Guide pratique de ventilation, INRS, ED 703.
[33] Interventions en espaces confinés dans les ouvrages d’assainissement. Obligations de sécurité,
INRS, ED 6026.
[34] Détecteurs portables de gaz et de vapeurs. Guide de bonnes pratiques pour le choix, l’utilisation
et la vérification, INRS, ED 6088.
40
Pour obtenir en prêt les audiovisuels et multimédias et pour commander les brochures et les affiches
de l’INRS, adressez-vous au service Prévention de votre Carsat, Cram ou CGSS.