1) Sujetcorrigé Dissertation: Énoncé
1) Sujetcorrigé Dissertation: Énoncé
Quiz
1) Sujet corrigé
Dissertation
Énoncé
Déontologie et droit commercial.
Voir le corrigé en fin de rubrique.
2) Corrigé
Dissertation
Le droit commercial est à l’origine un droit fait par les commerçants pour les commer-
çants. C’est un droit fondé sur l’autorégulation : le corps produit ses propres règles pour
assurer la sécurité nécessaire à la vie des affaires et pour éviter une intervention
extérieure. Cette définition rejoint d’une certaine façon celle de la déontologie, qui
peut être définie comme « l’ensemble des devoirs inhérents à l’exercice d’une activité
professionnelle ». Pour autant, ce rapprochement n’illustre pas toutes les facettes des
rapports entre déontologie et droit commercial. En effet, ce dernier a évolué. Malgré le
libéralisme affiché, l’état intervient de façon importante dans l’élaboration et la sanction
des règles du droit commercial. C’est ce double point de vue qui doit être envisagé.
51
Droit commercial
Débats
Les autorités administratives indépendantes respectent-elles les garanties des libertés
52
c h a p i t r e
53
La notion d’acte de commerce
3
Plan analytique
section 2
section 3
Compléments pédagogiques
54
3
section 1
55
Droit commercial
commerciaux par détermination de la loi. Ils peuvent être classés en quatre catégo-
ries selon la finalité de l’opération visée par ces textes. Sont ainsi réputées commer-
ciales les opérations de circulation et de transformation des richesses (A), les
opérations financières (B), les opérations d’intermédiation (C) et les opérations
93 En premier lieu, le bien dont la revente est envisagée doit avoir été acquis conven-
tionnellement à titre onéreux (vente, échange…). Celui qui revend un bien qui n’a pas
été acquis conventionnellement (reçu par succession ab intestat, résultant d’une
occupation ou grâce à un délai de prescription…) ou qui a été acquis à titre gratuit
(par testament ou par donation) n’accomplit pas un acte de commerce. Toutes les
ventes qui n’ont pas été précédées d’un achat doivent être exclues. Ainsi, les activités
d’exploitation de la nature (activités agricoles, pêche…) dont la production est
destinée à être vendue ne sont pas commerciales. De même, les opérations d’extrac-
tion (carrières, marais salants, sources minérales) ne sont pas commerciales, sauf
lorsque la loi en décide expressément autrement. C’est ainsi que l’exploitation des
mines qui ne devrait pas être commerciale car il s’agit d’une activité extractive est
qualifiée d’acte de commerce par l’article L. 131-3 du nouveau Code minier, le
législateur ayant considéré que les modes d’exploitation des productions minières
se rapprochent en pratique des grandes entreprises industrielles et commerciales et
qu’elles doivent par conséquent être soumises aux règles du droit commercial. Enfin,
la vente des productions intellectuelles (écrivains, artistes…), celle des produits
agricoles et celle des productions manuelles des artisans ne constituent pas des
actes de commerce car ces professionnels n’ont pas acheté ce qu’ils vendent. La
frontière n’est pas toujours facile à tracer, car les activités manuelles ou intellec-
tuelles supposent parfois l’acquisition de biens destinés à cette production : une toile
et de la peinture par un peintre, l’achat d’engrais ou de graines par un agriculteur,
ou de matières premières pour un artisan. Les difficultés essentielles en pratique
concernaient les activités agricoles et artisanales. Pour les premières, le législateur
(C. rur., art. L 311-1) a résolu ces difficultés par l’adoption d’une définition extensive
des activités agricoles qui échappent en principe à l’application du droit commercial
(v. ss 212). Pour les secondes, la jurisprudence a précisé les critères de distinction
(v. ss 202).
En revanche, celui qui acquiert à titre onéreux le produit de ces activités
agricoles, intellectuelles ou manuelles pour les revendre accomplit sans aucun
doute un acte de commerce : tel est le cas de l’éditeur, du producteur d’œuvres
audiovisuelles ou encore du pharmacien.
56
3 La notion d’acte de commerce
L’acquisition doit être conclue dans l’intention de revendre le bien acquis. L’intention 95
est si importante que c’est elle seule qui doit être prise en considération et non la
revente effective. Ainsi, l’acte est commercial même s’il n’a pas été suivi d’une vente
effective dès lors que l’acquéreur avait l’intention de revendre. En revanche, l’achat
réalisé pour utiliser le bien, l’affecter à un besoin de production ou le consommer,
c’est‑à-dire l’achat dans l’intention de profiter de l’usage du bien, même s’il est suivi
d’une revente, ne constitue pas un acte de commerce. L’intention de revendre doit
ainsi être à l’origine de l’achat du bien.
Encore convient-il de préciser comment la preuve de cette intention est établie. La
preuve de l’intention de revendre incombe à celui qui se prévaut de la commercialité
de l’acte. Elle ne sera pas toujours facile à rapporter. En pratique, elle peut être
déduite du nombre et de la fréquence des achats et reventes effectués, de la qualité
de commerçant, etc. Ainsi, il a été admis que devait être qualifiées de commerçantes
des personnes au domicile desquelles avaient été trouvés de très nombreux objets,
tels que des vêtements, pièces informatiques ou téléphones portables, et qui avaient
57
Droit commercial
reconnu les avoir achetés pour les revendre à des particuliers et des commerçants
spécialisés dans l'achat de matériel d'occasion, en France ou à l’étranger. Par cet
arrêt, la Cour de cassation a rappelé qu’acquiert la qualité de commerçant « qui-
conque, agissant en son nom et pour son propre compte, se livre de manière
97 Les opérations de banque qui ont pour objet le commerce de l’argent constituent
sans doute une des activités commerciales les plus anciennes.
Elles comportent trois catégories énumérées par l’article L. 311-1 du Code moné-
taire et financier. Ce texte qualifie tout d’abord d’opérations de banque la réception
de « fonds remboursable du public ». Il s’agit des opérations par lesquelles un tiers, le
banquier, recueille des sommes d’argent en ayant le droit d’en disposer pour son
propre compte mais à charge de les restituer. Ce même article vise « les opérations de
crédit », qui supposent une avance de fonds immédiate, future ou éventuelle contre
rémunération au profit de son client ou dans l’intérêt de celui-ci, l’opération de crédit
bénéficiant dans cette dernière hypothèse à un tiers (cautionnement, garantie
autonome…). Enfin, la dernière catégorie d’opération de banque était constituée par
la mise à disposition de moyens de paiement (chèque, carte de paiement et de crédit,
etc.) et la gestion de ces moyens de paiement. Elle a été rebaptisée « services bancaires
de paiement » par l’ordonnance du 15 juillet 2009 transposant la directive 2007/64/
CE du 13 novembre 2007. Il s’agit, pour l’essentiel, d’opérations de virements et
de prélèvements, de transmission de fonds, de services permettant de verser ou de
retirer des espèces, de la gestion d’un compte de paiement. Il s’agit également
désormais des services d’émission et de gestion de monnaie électronique.
Les activités bancaires font l’objet d’une réglementation minutieuse par le Code
monétaire et financier. Ainsi, l’article L. 511-5 interdit à toute personne, autre qu'un
établissement de crédit ou une société de financement, d'effectuer des opérations de
crédit à titre habituel et réserve aux seuls établissements de crédit la possibilité de
recevoir à titre habituel des fonds remboursables du public ou de fournir des services
58
3 La notion d’acte de commerce
Les contrats de change, qui sont des opérations connexes aux opérations de banque, 98
sont expressément visés par l’article L. 110-1 7o du Code de commerce comme des
actes de commerce. Cette qualification doit être étendue à toutes les opérations
connexes aux opérations de banque visées par l’article L. 311-2 du Code monétaire et
financier, telles que les opérations sur or, métaux précieux et pièces ; le placement, la
souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs mobilières ou de tout
produit financier ; ou encore les opérations de location simple de biens mobiliers ou
immobiliers pour les établissements habilités à effectuer des opérations de crédit-
bail. Sont également visés par ce texte, de manière plus générale, le conseil et
l’assistance en matière de gestion de patrimoine ou en matière de gestion financière.
Tous les services destinés à faciliter la création et le développement d’entreprises
doivent également être considérés comme des actes de commerce. L’exercice de
telles activités à titre habituel est (comme les opérations de banque) réservé à des
professionnels bénéficiant d’un agrément qui doivent se conformer à un statut légal
et réglementaire impératif.
Les opérations de bourse ne sont pas mentionnées par l’article L. 110-1 du Code de 99
commerce. Cependant, la doctrine admet que les opérations de bourse ont un
caractère commercial. Le placement, la souscription, l'achat, la gestion, la garde et
la vente de valeurs mobilières et de tout produit financier sont des opérations
connexes à l’activité bancaire (art. L. 311-2, 3 o, C. mon. fin.). Les intervenants sur les
marchés financiers fournissant aux tiers des services d’investissements (définis par
l’art. L. 321-1 C. mon. fin.) sont des établissements de crédit ou des prestataires de
services d’investissements qui doivent bénéficier d’un agrément et sont soumis à un
statut légal et réglementaire. Les actes qu’ils effectuent sont commerciaux ne serait-
ce que parce qu’ils agissent comme intermédiaires (v. ss 102). En outre, les opérations
de bourse effectuées par des non-professionnels remplissent généralement les condi-
tions de l’achat pour revente et peuvent être, à ce titre, qualifiés d’actes de
commerce. Ici encore, il a été retenu que la seule réalisation d’une telle opération
d’achat de titres en vue de leur revente – fût-elle réalisée de manière isolée – justifie
la qualification d’acte de commerce et la soumission de son auteur aux contraintes
du droit commercial (Colmar, 16 juin 1982, Gaz. Pal. 1983. Somm. 114).
L’opération d’assurance consiste à recueillir des primes et à les redistribuer sous 100
forme d’indemnités après avoir réalisé un bénéfice. L’article L. 110-2 du Code de
commerce répute expressément les opérations d’assurances maritimes comme actes
de commerce, mais le Code reste muet sur les contrats d’assurance ayant un autre
objet. Cependant, la jurisprudence a depuis fort longtemps procédé par analogie
avec la règle spécifique applicable aux assurances maritimes pour décider que les
assurances à prime fixe sont commerciales (Req. 8 nov. 1892, DP 1893. 1. 79).
59
Droit commercial
103 Les différents statuts des intermédiaires du commerce seront présentés lors de l’étude
sur les contrats commerciaux (v. ss chap. 15). À ce stade, peuvent être distingués, en
ce qu’ils constituent des activités commerciales par nature, la commission et le
courtage.
L’article L. 110-1, 3 o vise les entreprises de commission, de transport par terre ou
par eau. Toutefois, cette activité s’est développée dans tous les domaines et il existe
désormais, outre les commissionnaires de transport, des commissionnaires de vente
et d’achat en toute matière, des comissionnaires en douane, etc. Le commissionnaire
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3 La notion d’acte de commerce
agit pour le compte du commettant mais en son propre nom, ce qui assure à ce
dernier, en principe, toute discrétion (v. ss 679).
L’article L. 110-1, 7o répute commerciale « toute opération de (…) courtage ». Le
courtage peut être défini comme l’opération par laquelle un intermédiaire, le
La loi présume de manière irréfragable que certains actes sont toujours commerciaux 105
quel que soit leur objet ou la personne qui les accomplit, en raison du respect
d’exigences formelles particulières. Il s’agit de la lettre de change (A) et des sociétés
commerciales par la forme (B).
A. La lettre de change
L’article L. 110-1, 10o répute actes de commerce « entre toutes personnes, les lettres de 106
change ». Cette solution s’explique par l’histoire de ce mécanisme particulier, créé au
Moyen-Âge par les commerçants pour répondre aux besoins particuliers de leur
activité. La lettre de change est un instrument de crédit et de paiement régi par les
articles L. 511-1 et suivants du Code de commerce. C'est un écrit par lequel une
personne, appelée tireur, donne l’ordre à une autre personne, le tiré, de payer une
somme déterminée à l’ordre d’une tierce personne, le bénéficiaire. Le titre peut
ensuite circuler par voie d'endossement. Toutes les personnes qui apposent leur
signature sur la lettre de change, lors de son endossement ou au titre d'un autre
61
Droit commercial
107 L’article L. 110-1 du Code de commerce ne vise que la lettre de change. Par
conséquent, les autres effets de commerce, à savoir le billet à ordre et le warrant ne
sont pas des actes de commerce par la forme. Il en va de même du chèque que
d'aucuns ont pu qualifier d'effet de commerce. Ces différents actes ne sont commer-
ciaux qu’à l’égard des commerçants qui les utilisent pour les besoins de leur activité
et peuvent être qualifiés d'acte de commerce par accessoire s’ils sont utilisés à
l’occasion d’un acte de commerce.
62
3 La notion d’acte de commerce
En premier lieu, indépendamment de la qualité de la personne qui les accomplit, les 110
actes relatifs à certaines opérations commerciales sont commerciaux par accessoire.
Il en est ainsi de tous les actes portant sur un fonds de commerce : cession, nantisse-
ment… Ce sont des actes de commerce alors même qu’ils sont effectués par un non-
commerçant, par exemple par l’héritier du propriétaire du fonds.
En second lieu, l’acte accessoire, civil par nature, peut emprunter sa commercialité à 111
l’acte de commerce qui se trouve accompli à titre principal. L’acte peut être rendu
commercial car il est accessoire à un acte de commerce. L’acte de commerce
principal et l’acte rendu commercial par accessoire peuvent être accomplis par les
mêmes personnes.
Ainsi, en application de l’article L. 521-1 du Code de commerce, le gage emprunte
son caractère civil ou commercial à celui de la dette garantie. Le gage constitué par
un individu non commerçant pour un acte de commerce est commercial. Il en est de
même en matière de chèque ou de billet à ordre : il est commercial lorsqu’il a été
émis en règlement d’une dette commerciale, même si le tireur ou le souscripteur n’a
pas la qualité de commerçant.
De même la mission confiée au conseiller financier pour assister le cédant dans la
cession de sa participation majoritaire dans le capital d’une société est commerciale
par accessoire. Il s’agit d’une mission préparatoire à la cession envisagée, exclusive-
ment affectée à cette convention principale constituant alors sa cause (Com. 15 janv.
2008, pourvoi no 07-12.102).
Tous les actes qui viennent d’être présentés ont pour particularité d’être commer- 112
ciaux même s’ils sont accomplis à titre isolé par un non-commerçant et sont ainsi
objectivement commerciaux. Il faut néanmoins reconnaître qu’en pratique, les actes
ainsi décrits sont généralement effectués à titre habituel par des commerçants, ce qui
les rapproche en réalité des actes de commerce subjectifs.
63
Droit commercial
section 2
116 L’entreprise de location de meubles : la location est commerciale lorsqu’elle porte sur
des meubles, quels qu’ils soient (véhicules, matériels d’équipements tels que les
ordinateurs, mais aussi outils de bricolage, biens de consommation courante,
comme les téléviseurs, DVD…). En revanche, toute location de meuble à titre occa-
sionnel proposée par un non-commerçant reste civile.
A contrario, est en principe civile toute activité de location d’immeuble (apparte-
ment, parking…) quand bien même elle serait exercée à titre professionnel et alors
même que la location de l’immeuble est destinée à l’exercice d’une activité commer-
ciale. Cette exclusion révèle la persistance en droit positif de la réticence à considérer
64
3 La notion d’acte de commerce
65
Droit commercial
bénévole ou du transport à titre onéreux exercé par une seule personne. Ainsi, le
covoiturage échappe à la qualification d’activité de transport (Com. 12 mars 2013,
Bull. civ. IV, n o 36). De même, la jurisprudence a considéré que les transports effectués
par un chauffeur de taxi individuel n’entraient pas dans la définition des entreprises
119 Sont assimilées aux entreprises de transport des activités voisines : déménagements,
remorquages, téléphériques. En revanche, les activités fournissant essentiellement un
service d’enseignement comme les écoles de voile ou les auto-écoles ne sont pas
considérées comme commerçantes, le transport étant ici accessoire à une activité qui
tire essentiellement son profit d’une activité intellectuelle de nature civile (Com.
3 juin 1986, D. 1986. IR 307).
120 L’entreprise de fourniture : l’entreprise de fourniture est celle qui effectue des
livraisons de marchandises ou propose des services à termes périodiques ou d’une
façon continue. En réalité, cette activité se confond souvent avec des actes d’achat
pour revendre. Cette mention des entreprises de fourniture est donc essentiellement
utile pour incorporer dans le champ du droit commercial des activités de distribution
de produits non préalablement achetés (gaz, électricité, fourniture d’eau) ou les
entreprises qui fournissent des services de nature diverse : enlèvement des ordures
ménagères, pompes funèbres, cliniques, entreprises fournissant du travail tempo-
raire ou encore diagnostiqueur immobilier (Com. 5 déc. 2006, Bull. civ. IV, no 236,
p. 261). L’article 14 de la loi no 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans
l’économie numérique, définit le commerce électronique comme « l’activité écono-
mique par laquelle une personne propose ou assure à distance et par voie électro-
nique la fourniture de biens et de services ». Pour une partie de la doctrine ce texte
crée un nouvel acte de commerce par nature, englobant toutes « les activités écono-
miques » ayant une nature civile dans le monde physique. Pour d’autres mettant
l’accent sur le terme « fourniture », le texte ne ferait que transposer au monde virtuel
la disposition préexistante relative aux entreprises de fournitures.
121 Les établissements de vente à l’encan, terme désormais inusité, désignent les salles de
ventes publiques aux enchères. Ils constituent des intermédiaires dans la circulation
des richesses car ils fournissent le cadre dans lequel se réalisent les ventes aux
enchères (v. C. com., art. L. 320-1 s.). Par extension, on considère que les magasins
généraux, entrepôts ou docks sont des établissements commerciaux, ainsi que toutes
les entreprises de dépôt, comme, par exemple, les garde-meubles.
122 Les entreprises de spectacles sont réglementées par une ordonnance du 13 octobre
1945. Les établissements de spectacles publics assurent la diffusion des œuvres de
l’esprit avec l’intention de réaliser un profit. C’est notamment le cas des cinémas,
66
3 La notion d’acte de commerce
Si en vertu de l’article L 110-1, 7 o du Code de commerce l’acte de courtage est en principe 125
commercial même accompli isolément (v. ss 102), il est le plus souvent réalisé à titre
professionnel et habituel par une entreprise qui se voit, en conséquence, attribuer la
qualité de commerçant (Com. 14 févr. 2006, Bull. civ. IV, no 35 ; Gaz. Pal. 18 et 19 oct. 2006,
p. 27, note PH. Ballet ; CCE 2006, no 7-8, comm. no 112, p. 32, obs. L. Grymbaum ; CCE 2006,
no 7-8, comm. no 113, p. 33, obs. Lecuyer H ; RTD com. 2006. 564, note B. Saintourens).
En revanche, l’art. L. 110-1, 5 o du C. com. vise « l’entreprise de commission ». Cette
opération consiste à effectuer en son propre nom une opération juridique pour le
compte d’autrui. À la différence du courtier, le commissionnaire intervient dans
la formation du contrat pour le compte du commettant qu’il représente. Le com-
missionnaire agissant en son propre nom, il est personnellement engagé et ne révèle
pas l’identité de son commettant. Le contrat de commission n’est en principe un acte
de commerce que s’il est accompli dans le cadre d’une entreprise : un contrat de
commission conclu par un non-commerçant dont l’objet est civil n’est ainsi pas un
acte de commerce. Toutefois ces distinctions n’ont que peu de portée pratique dans
la mesure où les contrats de commissions sont toujours le fait de professionnels.
Les courtiers et les commissionnaires sont souvent soumis à un statut légal et 126
réglementaire spécial, notamment lorsqu’ils exercent certaines activités : c’est le cas
des commissionnaires en douane ou des courtiers en bourse, dénommés prestataires
d’investissement.
67
Droit commercial
127 L’article L. 110-1 répute également commerciales les activités des agents et des
bureaux d’affaires. Ces dénominations très vagues pourraient théoriquement s’appli-
quer à l’ensemble des activités d’intermédiaires. Le texte ne vise cependant que les
intermédiaires chargés de gérer et de prendre en charge les affaires d’autrui. Il s’agit
128 Ainsi, tous les intermédiaires ne sont pas commerçants. Doit être distingué du
commissionnaire et du courtier l’agent commercial qui est un mandataire profes-
sionnel, indépendant, chargé de prospecter, de négocier et éventuellement de
conclure des contrats de vente, d’achat ou de prestation de services au nom et pour
le compte de son mandant. Le mandat étant un contrat régit par le Code civil
(art. 1984 et s.), l’agent commercial ne peut pas être qualifié de commerçant (Com.
29 oct. 1979, D. 1980. 69 ; RTD com. 1980. 314, obs. J. Derruppé ; Com. 24 oct. 1995,
Bull. civ. IV, n o 248 et Com. 26 févr. 2008, D. 2008, 2907, note D. Ferrie et JCP G 2008,
II, 10094, note D. Mainguy et CCC 2008, n o 95, obs. P. Mathey), et ce malgré
l’appellation de son activité et bien que les textes régissant sont statut juridique
soient situés dans le code de commerce (art. L. 134-1 et s.). L’application du statut
d’agent commercial suppose que le mandataire puisse négocier dans l’intérêt du
mandant. Par un arrêt en date du 15 janv. 2008, la Cour de cassation a précisé le sens
du mot « négocier » en le définissant comme le pouvoir de modifier le contenu du
contrat. En conséquence elle a refusé qu’un distributeur d’abonnements de télépho-
nie mobile soit soumis au satut d’agent commercial, ce dernier s’étant contractuelle-
ment engagé à n’apporter aucune modification aux tarifs et conditions fixés par son
mandant (Com. 15 janv. 2008, SA RCE c/ SA SFR, no 06-14 698).
Ces intermédiaires se distinguent également du représentant de commerce
ou VRP. Cet acronyme désigne trois catégories d'intermédiaires visés par la loi du
18 juillet 1937 instituant le statut légal des voyageurs, représentants et placiers
du commerce et de l'industrie (DP 1938. 4. 185, comm. J. Doublet). Les VRP sont des
salariés relevant d’un statut légal spécial (art. L. 7311-1 et s. C. trav.). Ils ne bénéficient
pas, en tant que salariés, de l’« indépendance d'action » dont bénéficient les profes-
sionnels indépendants, qu’il s’agisse de l’agent commercial, du courtier ou du
commissionnaire (Soc. 30 janv. 1992, Bull. civ. V, n o 57).
129 Aux actes des entreprises commerciales réputés commerciaux en application des
articles L. 110-1 et L. 110-2 du Code de commerce, la jurisprudence a ajouté les actes
de nature civile accomplis par des commerçants dans l’exercice de leur activité. C’est
là une autre hypothèse d’application de la théorie de l’accessoire.
68
3 La notion d’acte de commerce
Toutes les obligations contractuelles souscrites par un commerçant sont commer- 131
ciales. Les exemples en sont nombreux. L’achat de matériel mais aussi le louage
d’immeuble pour l’exploitation du commerce sont des actes de commerce. Le contrat
de travail est également un acte de commerce pour l’employeur commerçant même
s’il est aujourd'hui régi par un droit spécial, le droit du travail, contenu dans le Code
du travail. Tous les contrats du Code civil, prêt, vente, cautionnement, dépôt se
verront appliquer le régime applicable aux actes de commerce dès lors qu’ils ont été
souscrits par un commerçant pour les besoins de son activité commerciale. Les actes
à titre gratuit peuvent également être qualifiés d’actes de commerce lorsqu’ils sont
consentis dans l’exercice du commerce : cadeaux d’entreprises, mais aussi abandon
de créance ou encore acte de mécénat.
Il existe également des cas où les actes civils par nature vont devenir commerciaux en 132
tant qu’accessoires d’actes accomplis par une autre personne qui a agi en tant que
commerçant, pour les besoins de son activité.
Il en est ainsi en matière de contrat de transport. La Cour de cassation a ainsi
décidé que lorsque le contrat de transport est commercial pour l’expéditeur et le
transporteur, il a nécessairement la même nature commerciale à l’égard du destina-
taire non commerçant.
La même situation se présente à propos du cautionnement. Si le cautionnement
est en principe un acte civil, régi par le code civil, il peut néanmoins être qualifié de
commercial lorsqu’il est conclut par un commerçant pour les besoins de son activité
commercial (ex. : un établissement de crédit).
La jurisprudence est allée plus loin en admettant la commercialité du cautionne-
ment dès lors que la caution – par exemple le dirigeant d’une société commerciale –
a un intérêt patrimonial personnel « dans l'affaire à l'occasion de laquelle il est
intervenu » (Com. 7 juillet 1969, Bull. civ. II, no 262 ; D. 1970, 14). Les conséquences
de cette qualification seront toutefois limitées. Ainsi, la règle de la liberté de la
preuve édictée par l’art. L.110-3 C. com. ne s’appliquera pas car elle ne s’applique
qu’à l’égard des commerçants (v. ss 150).
69
Droit commercial
133 Enfin, la qualification d’acte de commerce par accessoire s’étend également aux
obligations extracontractuelles. Le terme « acte » semble, en principe, exclure les
obligations non-volontaires de la catégorie des actes de commerce par accessoire.
La solution s'impose toutefois au regard des termes de l’article L. 110-1, al. 9 du Code
134 Quelques exceptions à ce principe doivent être signalées. Certains actes mêmes
accomplis par les commerçants conservent toujours leur nature civile. Il est en
ainsi des dettes fiscales (Com. 17 mars 1958, JCP 1959. II. 10915) ainsi que de l’achat
ou de la vente d’un immeuble par un commerçant pour les besoins de son
commerce. Certaines obligations extracontractuelles ne sont pas non plus commer-
ciales. Par exemple, les accidents du travail dont sont victimes les ouvriers et les
employés sont soumis à des règles spéciales de fond et de compétence prévues par
le Code du travail. De plus, certaines actions sont soumises à des règles de
compétence particulières, qui les soustraient à la compétence des juridictions
consulaires, et ce quand bien même l'acte en cause pourrait être qualifié d'acte
de commerce par accessoire. Il en va ainsi, par exemple, des actions en contrefa-
çon, qui relèvent de la compétence exclusive des juridictions civiles (art. L. 211-10
CPI v. ss 423).
135 Par symétrie, certains actes de commerce accomplis par des non-commerçants pour
les besoins de leur activité peuvent être considérés comme civils par accessoire. C’est
par exemple le cas des actes conclus par un agriculteur qui transforme les produits de
son exploitation (Req. 4 févr. 1925, Grands arrêts de la jurisprudence commerciale,
no 27), ou de ceux du chirurgien-dentiste qui vend des prothèses à ses patients. Par
application de la théorie de l’accessoire, ces actes de commerce conclus par un
professionnel non-commerçant pour les besoins de son activité civile seront soumis
aux règles du droit civil.
70
3 La notion d’acte de commerce
section 3
§ 1 Le critère de l’entremise
Le premier critère mis en avant (E. Thaller, Traité élémentaire de droit commercial, 137
1931, par J. Percerou) pour distinguer les actes de commerce des actes civils est celui
d’entremise dans la circulation des richesses. L’acte de commerce serait ainsi carac-
térisé par le fait qu’il se situe dans le processus économique entre l’acte de produc-
tion et l’acte de consommation. Ce critère permet d’exclure les actes de production
(agriculture ou industries extractives) et les actes de consommation. Ce critère est
pourtant à la fois trop large et trop étroit. Trop large, car tous les actes de commerce
ne sont pas des actes d’entremise : par exemple, la signature d’une lettre de change
ne constitue pas en elle-même un acte d’entremise. Ce critère est également trop
large car certains actes d’entremise ne sont pas commerciaux : c’est notamment le
cas du mandat et plus généralement des actes effectués par les agents commerciaux.
Trop étroit, parce que certains actes commerciaux ne sont pas, à titre principal, des
actes d’entremise : toutes les entreprises qualifiées de manufacture par l’article
L. 110-1 du Code de commerce qui visent à transformer des biens, ne sont pas à
proprement parler des actes d’entremise. En outre, certaines activités de production,
notamment les activités minières, ont expressément été intégrées dans le champ du
droit commercial par le législateur.
71
Droit commercial
§ 2 Le critère de la spéculation
138 L’acte de commerce est ici caractérisé par le but poursuivi : tout acte de commerce
§ 3 Le critère de l’entreprise
139 Le dernier critère proposé par la doctrine (et plus spécialement par J. Escarra, Cours de
droit commercial, Sirey, 1952) pour caractériser la commercialité est celui de l’entre-
prise. Il est vrai que ce critère tend à mettre en lumière le fait que l’acte de commerce
est en principe accomplit par des structures organisées nécessitant la réunion de
moyens humains, matériels et financiers. Ce critère est néanmoins impropre à servir
de critère général d’identification de l’activité commerciale pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, la notion d’entreprise est particulièrement fluctuante car elle n’a pas
72
3 La notion d’acte de commerce
fait l’objet d’une définition juridique unique, mais varie selon les conséquences
juridiques que le droit positif entend lui assigner. En outre, la notion d’entreprise est
à la fois plus large et plus étroite que celle des activités commerciales. Plus « large »,
car la notion d’entreprise englobe l’ensemble des activités économiques, qu’elles
Le bilan que l’on peut espérer tirer de la recherche d’un critère général de l’acte de 140
commerce est donc modeste. Aucun des principaux critères ne permet de rendre
compte de l’ensemble des actes de commerce, dont l’identification ne peut résulter
que des efforts d’interprétation de la liste dressée par les articles L. 110-1 et L. 110-2
du Code de commerce résultant de la doctrine et de la jurisprudence. Ces critères
peuvent néanmoins fournir des indications utiles lorsqu’il s’agit de qualifier de
commercial un acte qui n’est pas expressément visé par cette énumération.
73
Droit commercial
Mémo
La loi se contente d’énumérer les actes de commerce sans en donner de définition
précise et sans fournir de critères généraux permettant leur qualification. L’énuméra-
tion des actes de commerce par les articles L. 110-1 et L. 110-2 du Code de commerce
permet néanmoins d’identifier deux catégories d’actes de commerce.
En premier lieu, certains actes de commerce peuvent être qualifiés d’objectifs car leur
qualification juridique ne dépend pas de la personne qui les accomplit. Ils peuvent être
conclus par des non-commerçants ou à titre isolé.
Parmi ces actes figurent des actes qui sont qualifiés de commerciaux par nature car
c’est au regard de l’objet de l’opération qu’ils permettent de réaliser que la qualifica-
tion s’opère. Sont ainsi réputés actes de commerce les opérations d’achat pour
revendre, les opérations financières (banque, bourse, assurance), certaines opérations
d’intermédiation, en matière immobilière ou les opérations qui prennent la forme de
courtage, liste à laquelle doivent être ajoutées les opérations portant sur des activités
maritimes.
De ces actes doivent être distingués ceux qui sont commerciaux par la forme. La loi
prévoit ainsi que la lettre de change est un acte de commerce indépendamment de la
qualité des signataires. De même certaines sociétés sont commerciales par la forme.
Cela signifie que c’est la forme sociale choisie pour la constitution de la société qui
détermine la qualité de commerçante de cette dernière.
En second lieu, dans certains cas, la commercialité de l’acte suppose sa répétition dans
le cadre d’une entreprise réunissant des moyens matériels, humains et financiers. Ces
actes, dont la nature dépend de la personne qui les accomplit, peuvent être qualifiés
d’actes de commerce subjectifs. Les actes des entreprises commerciales peuvent
porter sur la vente de biens ou la fourniture de prestations de services dont le Code
de commerce dresse une liste qui a été précisée par la doctrine et la jurisprudence.
Ainsi, les actes des entreprises de location de meubles, des entreprises industrielles, de
transport, de fourniture, de vente à l’encan ou encore des établissements de spec-
tacles publics sont en principe des actes de commerce. Les actes de certaines
entreprises d’intermédiaires, ceux des commissionnaires et des agents et bureaux
d’affaires sont également réputés commerciaux, à la différence de ceux des agents
commerciaux.
Enfin, par extension, la plupart des obligations de nature civile, d’origine contractuelle
ou extracontractuelle qui résultent de l’activité commerciale sont commerciales par
accessoire. De tels actes constituant l’accessoire d’une opération commerciale, ils sont
soumis au même régime juridique que l’opération principale. C’est là la mise en œuvre
de la théorie de l’accessoire. Ainsi, la loi retient que le gage d’une dette commerciale
74
3 La notion d’acte de commerce
est commercial par accessoire. De même, la jurisprudence considère que tout acte
relatif au fonds de commerce est commercial par accessoire.
Cette énumération des actes de commerce, étendue par la doctrine et la jurisprudence
pour l’adapter aux formes modernes de commerce, semble difficile à systématiser. La
Quid
n A c t e d e c o m m e r c e p a r l a f o r m e n o s 1 05 s .
Qualifié également d’acte de commerce objectif, l’acte de commerce par la forme est
commercial quel que soit son objet et la qualité juridique de la personne qui
l’accomplit. C’est le procédé employé, les formalités accomplies qui, en vertu de la
loi, justifient la qualification d’acte de commerce. Il n’existe que deux types d’actes de
commerce par la forme : la lettre de change (L. 110-1, 10o C. com.) et les sociétés
commerciales par la forme (art. L. 210-1 C. com.).
n A c c e s s or i u m se q u i t u r p r i n c i p a l e n o s 1 0 9 , 1 3 0
L’accessoire suit le principal : ce principe signifie que lorsque deux biens ou deux
obligations sont liés par un rapport de principal à accessoire, l’application du régime
juridique du bien ou de l’obligation principale s’applique également au bien ou à
l’obligation en est l’accessoire.
Biblio
1) Doctrine
– C. Amson, Droit du sport, Vuibert, coll. « Dyna’Sup Droit », 2010.
– J.-P.Beurier, Droits maritimes, Dalloz, coll. « Dalloz Action », 2015/2016.
– P. Bonassies, Droit maritime, 3e éd., LGDJ Lextenso, 2016.
– F. Buy, J.-M. Marmayou, D. Poracchia et F. Rizzo, Droit du sport, 4e éd., LGDJ, coll. « Manuel »,
2015.
– J. Calais-Auloy, « Grandeur et décadence de l’article 632 du Code de commerce », in
Mélanges H. Cabrillac, Librairie technique, 1968, p. 37.
– H. Causse, J.-C. Hallouin, Le contrat électronique, au cœur du commerce électronique. Le droit
de la distribution, droit commun ou droit spécial ?, Actes des journées d’études du 18 mars 2004
et du 10 mars 2005 à Poitiers, t. X, LGDJ, 2006.
– P. Delebecque, Droit maritime, 13 e éd., Dalloz, coll. « Précis », 2016.
– D. Houtcieff, Rép. com. Dalloz, Vo « Actes de commerce ».
– J. Mouly et Ch. Dudognon, Rép. droit civil, Dalloz, V o « Sports ».
– A. Pirovano, « L’ambiguïté des actes de commerce par la forme », D. 1976. 249.
75
Droit commercial
– R. Roblot, « Le cautionnement des dettes d’une société commerciale par ses dirigeants », in
Mélanges J. Derruppé, Litec, 1991.
– F. Steinmetz, « Les ventes immobilières et le droit commercial », RTD com. 1973. 471.
Sur la commercialité des cessions de droits sociaux entre associés non commer-
çants entraînant le transfert ou le maintien du contrôle de la société
– Com. 10 juill. 2007, Bull. civ. IV, n o 193.
– Com. 12 févr. 2008, Bull. civ. IV, n o 39.
Quiz
1) Sujets corrigés
Tests de compréhension
1. 1. Une opération de bourse accomplie par un particulier est-elle un acte de
commerce ?
2. 2. L’édition d’un manuscrit peut-elle être qualifiée d’acte de commerce ?
3. 3. L’activité d’une agence matrimoniale peut-elle être regardée comme
commerciale ?
Voir le corrigé en fin de rubrique.
76
3 La notion d’acte de commerce
2) Sujet d’examen
Dissertation
3) Corrigé
Tests de compréhension
1. Les opérations de bourse ne font pas partie, en tant que telles, des actes de
commerce énumérés par la loi. La jurisprudence considère néanmoins que les opéra-
tions de bourse sont en principe des actes de commerce lorsqu’elles sont effectuées
dans un but spéculatif. L’opération de bourse d’un non-commerçant pourra être
qualifiée d’acte de commerce si cette dernière a été réalisée dans un but spéculatif.
2. Le Code de commerce considère que tout achat pour revendre est réputé acte de
commerce. Le fait que l’achat porte sur une œuvre de l’esprit ne remet pas en cause
cette solution. L’éditeur qui achète un manuscrit afin de le revendre effectue bien un
acte de commerce, au sens de l’article L. 110-1, 1 o du Code de commerce.
3. L’article L. 110-1, 7o du Code de commerce qualifie d’acte de commerce « toute
opération de courtage ». Le courtier a une activité d’intermédiaire consistant à mettre
en relation deux ou plusieurs personnes qui cherchent à réaliser des opérations, sans
pour autant participer lui-même à conclusion des actes juridiques correspondant –
c’est ce qui le distingue notamment du mandataire ou du commissionnaire
(v. G. Cornu, Dictionnaire Juridique, Puf, V o Courtage). Or si une agence matrimoniale
a pour activité de rapprocher des personnes en vue du mariage, son activité répond à
la définition du courtage de sorte qu’elle doit être qualifiée de commerciale. A ainsi
été cassé un arrêt de cour d'appel qui avait estimé qu’une telle entreprise avait une
activité de nature civile, relevant de la catégorie des professions libérales (Com. 3 avr.
1984, Bull. civ. IV, no 122).
Débats
Faut-il revoir la liste des actes de commerce telle qu’elle est établie par l’article L. 110-1
du Code de commerce ?
Le commerce électronique abolit-il la distinction des activités civile et commerciale ?
77
international.scholarvox.com:UCAO Côte d'Ivoire:1072552606:88866183:160.154.157.247:1574650573
c h a p i t r e
79
Le régime des actes de commerce
4
Plan analytique
section 2
section 3
Compléments pédagogiques
80
4
Il n’existe pas de corps de règles complet propre au régime des actes de commerce. 141
Des textes de loi ou la jurisprudence ont cependant élaboré des règles applicables à
tous les actes de commerce dont il convient de préciser la teneur.
Il s’agit de règles disparates spécifiquement applicables à ces actes par dérogation
au droit commun des obligations et des contrats et qui sont imposées par les
nécessités pratiques du commerce. Ces règles sont destinées à faciliter les transac-
tions commerciales et à assurer leur efficacité. Le régime des actes de commerce est
ainsi généralement soumis à des règles moins protectrices que celles du droit
commun, destinées à répondre aux besoins de rapidité, de simplicité et de souplesse
qui président aux relations commerciales, mais qui peuvent également être plus
rigoureuses que les règles du droit commun afin d’assurer la sécurité juridique des
transactions commerciales. Ces règles qui concernent la formation (section 1) comme
l’exécution (section 2) des actes de commerce ne s’appliquent pleinement que pour
les actes de commerce conclus entre commerçants. Elles n’interviennent, en
revanche, que partiellement pour les actes mixtes (section 3), commerciaux pour
une des parties et civils pour l’autre.
section 1
§ 1 La capacité
Ce sont les articles 1129 et 1145 et suivants du Code civil qui exige la capacité 143
juridique de ceux qui contractent des actes juridiques. Il existe deux causes d’incapa-
cité de conclure des actes juridiques et notamment des actes de commerce, la
minorité (A) et l’altération des facultés mentales de personnes majeures (B).
A. Les mineurs
Pour apprécier la capacité du mineur de se livrer à des actes de commerce et les 144
sanctions attachées aux actes de commerce effectués par un mineur, il convient de
81
Droit commercial
combiner les règles générales relatives aux incapacités contenues dans le Code civil
et les règles spéciales contenues dans le Code de commerce. L’incapacité à conclure
des actes de commerce a longtemps été liée à l’incapacité des mineurs à exercer une
profession commerciale. Jusqu’à la loi du 5 juillet 1974 qui a abaissé à dix-huit ans
145 En revanche, un mineur non émancipé, même représenté, ne peut exercer une
activité commerciale. En vertu de l’article 509 du Code civil, son représentant légal
ne peut, même avec autorisation, exercer le commerce au nom du mineur. Les actes
juridiques passés par le mineur incapable peuvent être annulés ou rescindés pour
cause de lésion dans les conditions prévues par l’article 1149 du Code civil.
82
4 Le régime des actes de commerce
danger pour ses cocontractants car les actes qu’il a passés peuvent être rescindés
pour lésion ou réduits en cas d’excès (art. 435 C. civ.).
83
Droit commercial
valoir acceptation (art. 1102 C. civ.) que si l’offre a été faite dans l’intérêt exclusif du
destinataire, ou si la loi le prévoit expressément, la jurisprudence admet plus
largement que le silence gardé par une partie traduit son acquiescement. Certains
arrêts admettent ainsi que le silence vaut acceptation lorsqu’il existe entre les parties
84
4 Le régime des actes de commerce
De même, les exigences des articles 1375, 1376 et 1378 du Code civil ne sont pas 150
applicables aux commerçants, pour apporter la preuve d’un acte de commerce.
Lorsqu’il s’agit de prouver l’existence d’un contrat synallagmatique autre qu’un
contrat conclu sous forme électronique, l’article 1375 du Code civil exige que l’acte
sous seing privé soit fait en autant d’originaux qu’il existe de parties au contrat,
alors que si un contrat commercial est rédigé par écrit, un seul exemplaire suffit.
L’article 1376 du Code civil qui impose dans les contrats unilatéraux la signature et
une mention manuscrite du souscripteur relative à la somme ou la quantité promise
ne s’applique pas non plus aux actes de commerce souscrits par un commerçant.
L’article 1378 du Code civil prévoit qu’un acte n’acquiert date certaine à l’égard
des tiers que lorsque l’acte est enregistré, que mention en est faite dans un acte
authentique ou au décès de l’un des signataires. Cette règle rigoureuse n’est pas
applicable aux commerçants pour la preuve d’actes de commerce. La preuve de la
date de l’acte pouvant être rapportée par tous moyens, la date indiquée dans l’acte
faisant foi à l’égard des tiers (Com. 17 mars 1992, Bull. civ. IV, no 121, RTD com. 1993.
147, note B. Bouloc).
Plus généralement, la preuve des actes de commerce étant libre à l’égard des
commerçants, la règle selon laquelle nul ne peut se constituer de titre à soi-même
n’est pas applicable. Les commerçants peuvent, notamment, produire leurs propres
livres comptables à titre de preuve d’un acte de commerce (art. 1378 C. civ.),
cependant qu’une telle preuve est irrecevable à l’égard d’un non commerçant
(même texte).
Toutefois, la jurisprudence n’admet la liberté de la preuve que si l’acte est pleinement 151
commercial. Cela implique, d’une part, que l’acte soit qualifié d’acte de commerce et,
d’autre part, que la partie à laquelle la preuve est opposée ait la qualité de
commerçant et qu’il ait agi dans l’exercice ou pour l’intérêt de son commerce.
En conséquence, la règle de la liberté de la preuve ne s’applique pas aux actes
mixtes, à l’égard du non-commerçant (v. ss 166), ni aux actes de commerce effectués
par des non-commerçants (cautionnement commercial consenti par un non-
commerçant, par exemple : Com. 2 avril 1996, Bull. Joly 1996, 665, Ph. Delebecque).
85
Droit commercial
154 Enfin, bien souvent, les formalités imposées pour assurer l’information des tiers sont
en pratique indispensables à l’opposabilité de l’acte. Par exemple, tant qu’un contrat
de location-gérance de fonds de commerce n’a pas été publié, le bailleur du fonds de
commerce est solidairement responsable des dettes contractées par le locataire
gérant pour l’exploitation du fonds de commerce (art. L 144-7 C. com.). De même,
lorsqu’un contrat de crédit-bail n’est pas publié conformément aux formes imposées
par les articles R. 313-3 et suivants du Code de commerce, l’établissement de crédit
propriétaire des biens ne peut revendiquer son droit de propriété, ce qui ôte ainsi
une grande partie de son intérêt à l’opération. En pratique, les conséquences
particulièrement rigoureuses du défaut de publicité conduisent à faire de celle-ci
une condition d’efficacité de l’acte à l’égard des tiers.
section 2
86
4 Le régime des actes de commerce
2. Délais de grâce
L’article 1343-5 du Code civil permet au juge d’accorder des délais de grâce au 158
débiteur. En vertu de ce texte « le juge peut, compte tenu de la situation du débiteur
et en considération des besoins du créancier, reporter ou échelonner, dans la limite
de deux années, le paiement des sommes dues ». Ces délais peuvent éventuellement
être accordés au commerçant mais sont formellement exclus quand une dette résulte
d’un effet de commerce. En effet, aux termes de l’article L. 511-81 du Code de
commerce, aucun jour de grâce, ni légal ni judiciaire, ne peut être admis sauf cas de
force majeure pour le paiement d’une lettre de change.
De façon plus originale, le législateur a mis en place différentes procédures
permettant d’obtenir des délais de paiement d’une pluralité de créanciers, voire de
l’ensemble des créanciers d’un débiteur en difficulté. Ainsi, la procédure de
87
Droit commercial
3. Anatocisme
159 En droit civil, l’anatocisme, c’est‑à-dire la possibilité de faire produire intérêt aux
intérêts échus d’un capital est soumis à des règles restrictives. L’article 1343-2 du
Code civil n’admet cette capitalisation des intérêts que lorsque des intérêts sont dus
au moins pour une année entière. Ils ne peuvent être réclamés que par une
convention spéciale ou dans le cadre d’une demande en justice. En revanche, la
capitalisation des intérêts en droit commercial est licite en dehors de ces hypothèses
restrictives et peut s’effectuer à des échéances beaucoup plus brèves. Cette liberté de
l’anatocisme revêt une importance toute particulière en matière de compte courant.
Dans le cadre d’un compte courant, il est d’usage que les intérêts soient régulière-
ment capitalisés (tous les trimestres) et produisent à leur tour des intérêts. Cet usage,
contraire à l’article 1343-2 du Code civil et reconnu par la jurisprudence depuis le
e
XIX siècle, a été confirmé par la Cour de cassation lorsque le titulaire du compte est
un commerçant (Civ. 1re, 4 déc. 1990, Banque 1991. 428 obs. J.-L. Rives-Langes et Com.
22 mai 1991, D. 1991. 428, note C. Gavalda).
4. Sanctions de l’inexécution
160 En droit civil, jusqu’à l’ordonnance du 10 février 2016, l’inexécution par l’une des
parties de ses obligations était sanctionnée par la résolution judiciaire du contrat
(art. 1184, devenu 1227 C. civ.). Certains usages commerciaux consacrés par la
jurisprudence dérogaient à ce principe et cherchaient au contraire à maintenir le
contrat plutôt que de l’anéantir. Depuis l’ordonnance précitée du 10 février 2016,
le Code civil prévoit également des sanctions alternatives permettant de sauvegarder
le lien contractuel (art. 1217 C. civ.). C’est là une illustration de l’influence de la
pratique des affaires sur le droit civil.
Lorsque l’inexécution du contrat n’est que partielle, la jurisprudence admettait,
depuis longtemps déjà, en matière commerciale, la réfaction du contrat par le juge,
c’est‑à-dire la possibilité pour ce dernier de diminuer le prix de la vente ou de la
fourniture de prestation de service (Com. 23 mars 1971, D. 1974. 40, note M. Alter). Le
juge disposait, en la matière, d’un pouvoir souverain d’appréciation pour déterminer
la réduction du montant du paiement dû en vertu du contrat. L’ordonnance de 2016
a consacré cette sanction en droit commun, allant même plus loin que ce qu’autori-
sait la jurisprudence en droit commercial. Désormais, aux termes de l’article 1223 du
Code civil, la faculté de procéder à la réduction du prix appartient au créancier qui
n’a donc plus besoin de saisir le juge. Après une mise en demeure infructueuse, il
peut accepter l’exécution imparfaite du contrat et solliciter du débiteur une
88
4 Le régime des actes de commerce
réduction proportionnelle du prix. S’il n’a pas encore payé, sa décision doit être
notifiée au débiteur dans les meilleurs délais.
Par ailleurs, en matière commerciale, l’acheteur qui n’est pas livré dispose, après
mise en demeure restée infructueuse, d’une faculté de remplacement. Elle lui donne
89
Droit commercial
section 3
90
4 Le régime des actes de commerce
sont soumis à un régime particulier, caractérisé par une application tantôt distribu-
tive (§ 1) et tantôt exclusive (§ 2) des règles du droit civil et du droit commercial.
A. La compétence
La compétence du tribunal sera déterminée en fonction de la qualité du défendeur. 165
Ainsi, le commerçant doit nécessairement assigner le non-commerçant devant les
juridictions civiles. En revanche, la jurisprudence accorde au non-commerçant le
bénéfice d’une option. Il peut choisir de citer le commerçant soit devant les juridic-
tions civiles, soit devant le tribunal de commerce.
La question s’est toutefois posée de la possibilité d’insérer dans les actes mixtes une
clause attributive de compétence ou de juridictionQ qui s’impose au commerçant comme au
non-commerçant. S’agissant d’abord de la compétence territoriale, les clauses attribu-
tives de compétence sont nulles dans les actes mixtes en vertu de l’article 48 du Code de
procédure civile (v. ss 168). S’agissant en revanche de la compétence matérielle, la Cour
de cassation a consacré une solution plus souple (Com. 10 juin 1997, JCP 1997. I. 4064,
no 9, obs. L. Cadiet, D. 1998. 2, note F. Labarthe et F. Jault-Seseke). La clause n’est pas
nulle mais elle est inopposable au non-commerçant. En cas de clause attributive de
juridiction au profit des tribunaux de commerce, le commerçant devra donc nécessaire-
ment assigner le non-commerçant devant les juridictions civiles. En revanche, si le non-
commerçant est à l’initiative du procès, il peut renoncer à l’option qui lui est en principe
offerte et mettre en œuvre la clause attributive de compétence.
Par ailleurs, si une clause compromissoire prévoit le recours à l’arbitrage en cas
d’éventuel litige, l’article 2061 du Code civil admet sa validité dans les contrats
conclus à raison d’une activité professionnelle. Ce n’est donc plus la qualité de
commerçant, ou non, qui sera utilisée comme critère mais le caractère professionnel
du contrat, la clause étant inopposable à la partie qui n'a pas contracté dans le cadre
de son activité professionnelle (v. ss 81).
B. L’exécution du contrat
Deux questions en pratique très importantes sont soumises à une application distri- 166
butive des règles du droit civil et du droit commercial selon la qualité des personnes
auxquelles elles sont opposées. Il s’agit des règles relatives à la solidarité des
codébiteurs et à la preuve des actes mixtes.
Comme en matière d’actes de commerce, la solidarité est présumée à l’encontre
de codébiteurs à l’égard desquels la dette a une nature commerciale, tandis que les
codébiteurs pour lesquels la dette a une nature civile peuvent se prévaloir de
l’article 1310 du Code civil qui dispose que la solidarité ne se présume pas.
91
Droit commercial
92
4 Le régime des actes de commerce
D’autre part, la validité d’une clause compromissoire sera déterminée par appli-
cation de l’article 2061 du Code civil et du critère imposé par ce texte, à savoir le
caractère professionnel du contrat (v. ss 81).
93
Droit commercial
Mémo
Le régime des actes de commerce est composé d’un ensemble de dispositions
hétérogènes qui doivent être combinées avec les règles du droit civil. Ces dispositions
concernent la formation comme les effets des actes de commerce.
La formation des actes de commerce revêt certaines particularités relatives à la
capacité, au consentement et à la forme. Seul le mineur émancipé ayant été
judiciairement autorisé à exercer le commerce peut effectuer des actes de commerce,
à l’exception de la signature d’une lettre de change. En revanche, le Code de
commerce ne contient pas de règles relatives au statut des incapables majeurs.
L’appréciation de leur capacité à effectuer des actes de commerce doit par consé-
quent être appréciée au regard des règles établies pour les actes civils. Les règles
relatives au consentement des parties sont assouplies. Mais c’est dans le domaine de
la forme des contrats, qu’il s’agisse de règles gouvernant la validité ou la preuve des
actes de commerce, que les règles dérogatoires au droit commun sont les plus
nombreuses. La preuve des actes de commerce est en principe libre en matière d’actes
de commerce lorsque les parties à l’acte ont la qualité de commerçant. Toutefois, en
raison de leur nature propre, des techniques employées ou de l’importance pour les
tiers d’être informés des actes les plus importants réalisés par les commerçants, la loi
exige parfois l’accomplissement de formalités qui seront nécessaires à la validité de
certaines catégories d’actes de commerce.
Les règles relatives aux actes de commerce sont généralement plus rigoureuses et
moins protectrices des contractants que les règles du droit civil. Ainsi, contrairement
au droit commun des obligations, la solidarité est présumée en matière commerciale,
des délais de grâce ne peuvent pas être accordés par le juge en matière d’effets de
commerce et de chèque et l’anatocisme y est admis de manière plus large qu’en
matière civile. De plus, la sauvegarde du contrat en cas d’inexécution est le plus
souvent assurée grâce à la faculté de remplacement accordée au débiteur ou à la
possibilité pour le juge de prononcer la réfaction du contrat en cas d’inexécution
partielle. Cependant, les règles relatives aux actes de commerce et aux actes civils
tendent à être rapprochées par la loi ou par la jurisprudence comme l’illustrent le
régime de la mise en demeure, celui de l’imputation des paiements ou les règles
relatives à la stipulation d’intérêts.
Les actes mixtes présentent un caractère commercial pour une des parties et civil pour
l’autre partie. En principe, le régime des actes mixtes se caractérise par une application
distributive des règles du droit civil et du droit commercial. Toutefois, il n’est pas
toujours possible ou souhaitable de scinder l’acte et d’appliquer un régime différent
aux obligations des parties en fonction de leur qualité. Pour cette raison, certaines
94
4 Le régime des actes de commerce
Biblio
1) Doctrine
– Association Droit et Commerce, « L’échange des consentements », RJ com. no spécial nov.
1995.
– J.-B. Blaise et J. Huet, « Commerce électronique et Code de commerce », in Le Code de
commerce, 1807-2007, Livre du bicentenaire, Dalloz, 2007, p. 423.
– C. Brenner, « La prescription commerciale », in Le Code de commerce, 1807-2007, Livre du
bicentenaire, Dalloz, 2007, p. 501.
– P. Catala, « Écriture électronique et actes juridiques », in Mélanges M. Cabrillac, Dalloz-Litec,
1999, p. 91.
– H. Causse et J.-C. Hallouin, Le contrat électronique, au cœur du commerce électronique – Le
droit de la distribution, droit commun ou droit spécial ?, Actes des journées d’études du 18 mars
2004 et du 10 mars 2005 à Poitiers, Tome 10, LGDJ, 2006.
– F. Dekeuwer-Défossez, « Tendances contemporaines du formalisme en droit commercial », in
Mélanges C. Freyria, Ester, 1994.
– J. Devèze, « À propos de la réforme du droit de la preuve : observations tirées du droit des
instruments de paiement », in Mélanges M. Cabrillac, Litec, 1999, p. 449.
– B. Dondero « La présomption de solidarité en matière commerciale : une rigueur à modérer »,
D. 2009. 1097.
95
Droit commercial
2) Jurisprudence
Sur la liberté de la preuve des actes de commerce
– Com. 21 juin 1994, Bull. civ. IV, no 232.
– Civ. 1 re, 8 févr. 2000, Bull. civ. I, n o 35.
– Com. 2 avr. 1996, Bull. Joly 1996. 665, obs. Ph. Delebecque.
Quiz
1) Sujets corrigés
A) Tests de compréhension
1. 1. Un mineur peut-il effectuer des actes de commerce ?
2. 2. Les coutumes contra legem propres aux actes de commerce.
Voir le corrigé en fin de rubrique.
B) Commentaire d’arrêt
Cet exercice est commun à ce chapitre et au précédent.
96
4 Le régime des actes de commerce
97
Droit commercial
2) Corrigés
Test de compréhension
1. Après la réforme de 1975, le mineur même émancipé ne pouvait être ni commer-
çant ni associé dans une société conférant la commercialité à ses membres. La loi
no 2010-658 du 15 juin 2010 relative à l’entrepreneur individuel à responsabilité
limitée a modifié les articles L. 121-2 du Code de commerce et 413-8 du Code civil qui
disposent désormais que « le mineur émancipé peut être commerçant sur autorisation
du juge des tutelles au moment de la décision d’émancipation ou du président du
tribunal de grande instance s’il formule sa demande après avoir été émancipé ». On
est alors revenu à la situation antérieure à 1975. Le mineur émancipé sous condition
d’autorisation peut être commerçant, le mineur non émancipé n’en a pas la capacité.
Une réserve s’impose toutefois s’agissant de la lettre de change puisque, en l’absence
de modification des dispositions de l’article L. 511-5 C. com., cet acte de commerce
par la forme reste interdit à tous les mineurs.
2. La coutume est un usage suffisamment régulier et constant pour que l’on en vienne
à considérer qu’il est obligatoire. Elle joue un rôle important en droit commercial. La
coutume contra legem est une coutume contraire à la loi. La jurisprudence admet
deux coutumes contra legem relatives au régime des actes de commerce. La première
est celle qui présume la solidarité en matière commerciale alors qu’il résulte des termes
de l’article 1202 du Code civil que la solidarité ne se présume pas. De même, la
jurisprudence commerciale admet plus largement l’anatocisme en droit commercial
contrairement aux dispositions de l’article 1154 du Code civil qui exige que certaines
conditions soient satisfaites.
Commentaire d’arrêt
Faits ; procédure ; enjeu pratique et intérêt théorique évidents de l’arrêt qui répond à
deux questions de droit tenant à la qualification juridiques des parties au litige, d’une
part, et aux règles probatoires applicables, d’autre part.
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4 Le régime des actes de commerce
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Droit commercial
Débats
Les intérêts pratiques de la distinction des actes de commerce et des actes civils.
Le commerce électronique va-t‑il remettre en cause les principes du droit de la preuve
commerciale ?
Les incertitudes résultant de l’incapacité civile des commerçants.
Le rôle du formalisme en droit commercial.
Peut-on parler d’autonomie du droit commercial ?
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