Famille, je vous aime ! Mais parfois…: Anecdotes canadiennes, #3
Par Emma Charlin
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À propos de ce livre électronique
Découvrez les péripéties de vos prédécesseurs et évitez leurs erreurs !
Flottements et embarras ne manquent pas quand parents et enfants font leurs premiers pas au Canada. Alors, que diriez-vous de vous frotter aux difficultés rencontrées par des familles expatriées ? Et ainsi de gagner en sérénité ?
Dans ce troisième volume de la série Anecdotes canadiennes, la famille est mise à l'honneur. Marchez aux côtés d'enfants et de parents, plongez dans leur nouvelle vie canadienne, partagez leurs « moments de solitude » et, au fil des chapitres, apprenez comment :
– annoncer votre projet d'expatriation à vos enfants,
– préparer votre départ et éviter les casse-têtes à l'arrivée,
– vous adapter à l'école et aux fêtes qui y sont célébrées.
Comme chaque partie du livre est suivie d'informations et suggestions, vous pourrez :
– gagner un temps précieux,
– préparer au mieux votre famille pour le grand saut,
– et profiter pleinement de votre aventure au pays des castors !
Suivez votre guide, Emma Charlin. Elle vous partage ses conseils sur l'installation au Canada à travers ses livres, son podcast et son activité de coach.
Famille, je vous aime ! Mais parfois…, un compagnon de route indispensable pour ceux et celles qui souhaitent s'installer au Canada en famille !
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Aperçu du livre
Famille, je vous aime ! Mais parfois… - Emma Charlin
Famille, je vous aime ! Mais parfois…
Série « Anecdotes Canadiennes »
Emma Charlin
Zest Publishing
Copyright © 2022 Emma Charlin
Tous droits réservés.
Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite, sous quelque forme que ce soit, sans l’autorisation écrite de l’éditeur ou de l’auteur. Excepté dans les cas autorisés par la loi canadienne sur les droits d’auteur.
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The author prohibits her work from being reproduced or used in any way by artificial intelligence technologies for writing purposes. This prohibition is general and absolute; it covers both content and style.
ISBN ebook : 978-1-990663-08-6
ISBN livre broché / paperback : 978-1-990663-07-9
ISBN livre relié / hardback : 978-1-990663-06-2
Table des matières
Préambule
Sur la ligne de départ
Julia
Déborah
Karim
Caroline
COUPS DE POUCE
1 2 3, Partez !
Fanny
Guillaume
Eliot
COUPS DE POUCE
Sur la ligne d'arrivée
Patricia
Tony
Michel
Béatrice
Jules
Elie
COUPS DE POUCE
Premiers jours d'école
Angèle
Meyriem
Magalie
Fatima
Sandra
COUPS DE POUCE
Des fêtes, en veux-tu, en voilà
Des fêtes sans date spéciale
Soukaïna
Estelle
Katia
Juliette
Et des fêtes avec dates spéciales
Mam'Irène
Xavier
Grégory
Clémentine
Ingrid
Coralie
Noé
COUPS DE POUCE
Nos amies les bêtes
Amandine
Chantal
Françoise
COUPS DE POUCE
Petits plaisirs de saison
Victor
Étienne
Anis
Franck
Élodie
Gaëlle
COUPS DE POUCE
Le temps des fêtes
Elsa
Florent
Clara
Augustin
COUPS DE POUCE
Une petite revue, messieurs, dames !
D’autres livres…
Le début d’une relation
À propos de l'auteure
Une autre table des matières
Préambule
Alors, comme ça, vous souhaitez partir au Canada… Voilà un doux rêve à concrétiser, un beau projet à mener et une merveilleuse aventure à vivre, pleine de possibilités et d’opportunités !
Afin de faciliter votre expatriation, je vous entraîne dans un parcours en deux étapes :
je vous plonge dans la vie d’une famille partie s’installer au Canada. Comme leurs succès sont mitigés, cela donne lieu à un grand bêtisier.
je vous confie ensuite des informations et suggestions. Ce sont des « coups de pouce ». Ils apparaissent à la fin de chaque thème (et non à la fin de chaque anecdote).
Vous l’avez compris, grâce à ce livre, vous partirez au Canada avec plus de sérénité.
Vous pouvez lire ces anecdotes dans l’ordre que vous préférez, chacune d’entre elles se suffisant à elle-même. Cela dit, pour bénéficier au mieux de la section « coups de pouce », il est sans doute préférable de lire au préalable les anecdotes s’y rapportant.
J’aborde plusieurs thèmes pour préparer au mieux l’arrivée de votre famille au Canada : l’annonce du départ, les premiers jours à l’école, les fêtes à l’école et en dehors de l’école, les animaux ou encore les petits et grands plaisirs saisonniers.
Ce livre traite donc de nombreuses tranches de vie canadienne. Pour autant, il n’a ni l’ambition d’être exhaustif ni l’ambition d’être un guide pratique. D’ailleurs, le monde changeant à vitesse grand V, les informations qu’il contient manqueront peut-être de pertinence au moment où vous les lirez. Une vérification de dernière minute, sur les sites gouvernementaux canadiens de préférence, reste toujours appropriée.
La plupart de ces anecdotes sont inspirées d’histoires vraies. Elles sont arrivées à ma propre famille, lors de notre expatriation au Canada, à des amis installés au pays ou à des clients que j’ai accompagnés en tant que coach en mobilité.
Ces histoires se veulent objectives et universelles. Pourtant, elles n’échappent pas à un prisme particulier, celui des Belges et des Français. Vous vous sentirez peut-être en décalage si vous n’êtes pas familiers avec ces deux cultures.
Au fil de votre lecture, vous trouverez parfois le nom d’un ou de plusieurs sites marchands. Je n’ai pas perçu de contrepartie financière pour les citer. En tant qu’auteure, je ne fais pas de publicité. J’essaie plutôt de vous donner des clés afin de vous permettre de mieux vous repérer.
Ces quelques points établis, entrons à présent dans le vif du sujet. Partons à la rencontre de personnages ayant parfois vécu de GRANDS « moments de solitude »…
Sur la ligne de départ
Julia
Parfois, la malchance vous guette. Ou la chance, allez savoir ? Vous découvrez quelques grains de sable dans l’engrenage et, d’un coup, tout part à vau-l’eau. Hier soir, je suis tombée sur l’un d’eux. Un beau grain de sable, à dire vrai. Un caillou peut-être ? Naïve que j’étais…
En Colombie-Britannique, les enfants ne rejoignent les bancs de l’école qu’à cinq ans révolus et non à trois ans, comme je le pensais. Soit deux ans, vingt-quatre mois, cent quatre semaines ou sept cent vingt-huit jours plus tard que ce que j’avais imaginé. Un détail, en somme. Mais un détail majeur quand même, surtout quand on a des petiots à la maison.
Honnêtement, je ne m’y attendais pas. Je menais des recherches sur Internet, je lisais bien tranquillement, et voilà qu’elle m’a bousillé la soirée, cette blogueuse à la noix. Son commentaire sur l’âge d’entrée des enfants à l’école m’est resté en travers de la gorge. Quant à celui sur les difficultés à trouver une garderie préscolaire, n’en parlons même pas. Je suis allée me coucher, anéantie. Le lendemain matin, on m’a retrouvée perdue au rayon des carpettes. À moitié agonisante. Enfin, à moitié réveillée, je veux dire.
Cela met tous nos projets par terre, cette histoire. Notre installation, mes cours d’anglais, ma recherche d’emploi, notre budget… Si nos jumelles ne vont pas à l’école maternelle à la rentrée et si nous devons les faire garder, que se passera-t-il au juste ? Va-t-on y arriver ou foncer droit dans le mur ?
Pour Raphaël et moi, la situation était claire pourtant. Limpide comme de l’eau de source, même. Nous débarquions à Victoria en juillet, nous nous installions pendant l’été, nous inscrivions les louloutes à l’école, et feu patate. Quelques jours après la rentrée scolaire, je me lançais à la poursuite d’un emploi afin d’étoffer ma carrière et d’arrondir nos fins de mois.
Comment allons-nous faire, si les filles ne peuvent pas aller à l’école ? Combien coûte une garderie au Canada ? Cela vaut-il la peine que je me mette à travailler ? Arrivera-t-on à vivre avec la paie de Raphaël ? Parce qu’à ce qu’il paraît, la vie en Colombie-Britannique n’est pas donnée…
Bon, dans le même temps, je dois bien avouer qu’elle nous a tirés d’embarras, cette blogueuse à la noix. Sans ses remarques, nous nous serions jetés tout droit dans la gueule du loup. Un, deux, trois, partez ! Hop, la tête la première.
Au moins, nous avons un peu de temps devant nous afin de trouver une solution. Assurément, on va devoir jouer serré et affiner notre budget. Mettre dans la balance les frais de garderie et un salaire pour moi, estimer plus précisément les coûts de la vie, éventuellement s’éloigner du centre-ville et privilégier un loyer modéré… Que de recherches à mener ! Moi qui n’aime pas surveiller de près nos dépenses, je suis vernie !
La pire des options serait d’abandonner le projet. Quant à le repousser d’un an ou deux, quand les filles pourront aller à l’école, oui, cela pourrait être envisageable. Mais la mort dans l’âme, et le cœur en miettes !
Fichue maternelle… Commencer l’école à cinq ans au lieu de trois ! Non, mais, je vous jure ! J’avais trois ans, moi, quand je suis entrée à l’école maternelle. Raphaël aussi. Et pareil pour mon filleul. Alors pourquoi font-ils différemment en Colombie-Britannique ? Est-ce ainsi dans toutes les provinces du Canada, d’ailleurs ?
Déborah
— Je sais ce qu’on va faire ! Plutôt que d’annoncer aux enfants notre départ au Canada, on va leur organiser une chasse au trésor !
— Je ne te suis pas très bien, Cédric. Tu ne veux pas tout simplement leur dire : « Coucou les enfants ! Maman a obtenu une belle promotion et on part tous au Canada » ?
— Mais non ! C’est bien mieux si on titille leur imagination. Comme ça, ils vivront une petite aventure avant de vivre la grande. Je t’assure, ce sera top, ma chérie. Voilà ce qu’on va faire…
Et c’est ainsi que Cédric et moi, malgré la montagne de démarches qu’il nous restait à accomplir, avons joué aux pirates ensevelissant leur trésor. Nous avons récupéré sur Internet des images du Canada, noté un mot sous chaque photo, découpé notre œuvre en pièces de puzzle avant de cacher précieusement le tout aux quatre coins de l’appartement.
Le moment venu, nous avons lancé à la cantonade :
— Chasse au trésor ! Trouve-t-on des amateurs pour une chasse au trésor ?
Alice et Antoine n’en sont pas revenus.
— Une chasse au trésor ? Comme pour Pâques ? Mais c’est génial ! Va-t-on trouver des œufs et des poules à croquer ? Moi, j’adore le chocolat !
Euh… comment dire ?
— Non, les loulous, il n’y a pas de friandises appétissantes au programme, mais une surprise de taille. Ça marche ?
Nos chasseurs en herbe sont partis en courant dans l’appartement. Ils passaient d’une pièce à une autre, excités comme des puces. Ils ont facilement mis la main sur les premiers indices. Quand ils faisaient chou blanc, nous leur soufflions d’aller un peu plus à gauche ou un peu plus à droite.
Au bout du compte, ils ont trouvé toutes les pièces du puzzle. Il ne restait plus qu’à les assembler. Pour l’heure, les photos et les quelques mots égarés ici et là n’avaient pas de sens à leurs yeux. Mais, dans quelques instants, la vérité apparaîtrait sous un jour éclatant. Pour recevoir quel accueil ? Mystère et boule de gomme.
Pour le coup, j’en avais une belle, moi, de boule au ventre. À la gorge aussi, en fait. Je tirais compulsivement sur un pan de ma jupe et je scrutais leurs visages avec angoisse. Notre mise en scène fonctionnerait-elle ? Les inciterait-elle à voir d’un bon œil notre départ au Canada ? Nos enfants allaient-ils se réjouir ou, au contraire, s’effondrer ?
Antoine et Alice ont fini par assembler le puzzle. Nous leur avons laissé quelques instants pour absorber la nouvelle. (Ou la première onde de choc ?)
— On part au Canada ? On va déménager là-bas pour y vivre ? C’est bien ça ?
En bon père de famille, et d’une voix rassurante, Cédric leur a dit :
— Oui, les enfants. Maman a obtenu une promotion, et toute notre famille va partir dans quelque temps au Canada. Qu’en pensez-vous ? Une sacrée aventure nous attend, n’est-ce pas ?
J’avais les jambes en coton. C’était idiot, évidemment. Après tout, je m’étais battue comme une lionne pour avoir ce poste. J’avais tâté le terrain, monté le projet, ouvert des marchés. J’avais décelé une chance à saisir pour la boîte. Je voulais ce départ. Pour moi et ma carrière !
Mais à ce moment précis, j’avais l’impression d’être mise sur le banc des accusés. « C’est de sa faute. Oui, c’est elle, la grande vilaine. Celle par qui le drame est arrivé. Elle nous arrache à notre vie, nos familles et nos amis. Et tout cela pourquoi ? Son ego et ses ambitions ! La belle affaire ! Et nous alors ? »
Notre fils, Antoine, a accusé le coup. Mais en bon négociateur, il a de suite repris du poil de la bête.
— OK, on part. Mais alors, qu’on soit bien clair : je veux une chambre à moi et un nouveau vélo. Je veux également faire partie d’une équipe de foot. D’ailleurs, tant qu’on y est, j’aimerais aussi avoir la télé dans ma chambre. Et peut-être même la dernière console de jeux à la mode.
Alice est restée muette. Des larmes auraient perlé au coin de ses yeux que cela ne m’aurait pas surprise. Elle les a refoulées sans doute, car je ne les ai pas vues. Son regard partait au loin. Ses poings étaient serrés et son corps tendu, prêt à bondir. Elle écoutait ce que disait Antoine et ne cachait pas son dégoût. Un traître à la patrie, voilà ce que son frère était devenu. Un maître chanteur des temps modernes.
Cédric et moi avons repris les rênes de la conversation. Oui, nous pouvions envisager des améliorations à propos de leurs conditions de vie. Assurément, c’était une possibilité. Mais nous n’accepterions pas toutes les requêtes. « En tout temps, savoir raison garder », voilà ce que ma mère ne cessait de me répéter dans ma jeunesse, et cette maxime n’avait cessé de me guider tout au long des années.
Cédric est allé chercher un carnet pour prendre des notes. Nous avons écouté leurs doléances. Celles d’Antoine au début puis celles d’Alice enfin. Ce qui nous a permis d’ouvrir la porte vers d’autres sujets. Un peu plus délicats, peut-être. Les changements que nous allions traverser, les peurs et les doutes, sans oublier nos familles, nos amis, et tous ces lieux que nous aimions tant et où nous n’irions plus. Peu à peu, nous avons entraîné la discussion vers leurs envies, leurs espoirs et les découvertes que nous ferions ensemble.
L’un dans l’autre, l’annonce de notre départ s’est plutôt bien passée. Nous avons même regardé de près les photos de notre puzzle. Québec, Montréal, Ottawa, Toronto, les chutes Niagara, le lac Louise… On s’est pris à rêver de nos prochaines vacances au Canada. Cédric et moi savions bien que les mois à venir ne seraient pas des vacances, mais après notre installation, qui sait ? Peut-être. Sûrement. Notre nouvelle vie serait belle là-bas, non ?
Nous sommes tous sortis de notre rêverie quand Alice a dit :
— Eh bien, c’est pas tout ça, mais ça m’a creusé l’appétit toutes ces émotions. Je mangerais bien quelques carrés de chocolat. Les chasses au trésor, moi, j’aime bien quand elles se terminent comme à Pâques. Avec une montagne de sucreries à croquer !
Karim
— Votre mission, si vous l’acceptez, est de réduire notre quantité de jeux. On part au Canada léger, les enfants. Sans tout ce fatras de poupées, puzzles, magazines, livres et jeux de société. Vous taillez dans le vif, les héros. Pas de superflu qui prend la poussière. C’est compris ?
– Oui, chef. On va trier. Je te le promets, ma chérie. Les enfants et moi, on s’occupe de tout. Tu peux partir tranquille à la maternité. Fais un bisou à la petite Leïla et passe le bonjour à ta sœur pour nous. Qu’elle se repose, surtout. Je sais qu’elle a eu un accouchement difficile.
— Alors, à tout à l’heure, les champions. Et bon tri !
— Vous avez entendu, les enfants ? C’est à nous de jouer maintenant. Alors, j’ai pris de grands sacs et des cartons. Dans les sacs, vous mettez tout ce dont vous ne voulez plus. On les donnera plus tard à une association. Dans les cartons, vous déposez ce que vous voulez absolument garder. Mais attention, on fait un gros tri, d’accord ? Faut que ça déménage, les minous. Et puis, promis, au Canada, on