CPM ZK
CPM ZK
Faculté de CHIMIE
Département de Chimie physique
Polycopié de cours
Réalisé par :
KHIATI Zoulikha
Maitre de conférences A
Université des Sciences et de la Technologie d'Oran Moha med -
Boudiaf USTOMB
&
MRAH Lahouari
Maitre de conférences A
Ecole Supérieure en Génie Electrique et Energétique d’Oran, Chemin Vinical
N° 9, Oran, (ESGEE).
Ce polycopié de cours est destiné aux étudiants en première année de master en hygiène
et sécurité industrielles dans le domaine de l'hygiène et de la sécurité industrielles et la troisième
année d'une licence en génie des procédés et d'une licence en raffinage et pétrochimie en science
et technologie.
Il servira également de support pédagogique aux étudiants qui suivent une formation
générale en chimie dans plusieurs filières. Il est conforme au programme de la nouvelle réforme
en vigueur depuis 2015.
L'objectif de ce document est de découvrir les problèmes liés à la corrosion des métaux
et les différents moyens de protection.
Outre l’introduction générale, le polycopié se compose de trois chapitres et ceci
conformément au contenu du programme pédagogique.
Le premier chapitre intitulé « Les différents types de corrosion », évoque des généralités
approfondies sur les métaux, les potentiels d'électrodes, et présente une synthèse
bibliographique sur les phénomènes de corrosion ainsi que les mécanismes et facteurs influant
sur la corrosion.
Le second chapitre intitulé « Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH,
applications » illustre les diagrammes de Pourbaix ou diagrammes potentiel-pH, en enrichissant
cette partie par plusieurs applications.
Dans le troisième et dernier chapitre, sont étudiés « Les différents moyens de
protection des métaux » qui présente et explique les méthodes de protection par la prévention
et la protection par les revêtements, les inhibiteurs de corrosion et la protection électrochimique.
Table des matières
d) Placage..................................................................................................................... 68
e) Electrolyse ................................................................................................................ 68
III.4.1.2 Types de revêtements métalliques ....................................................................... 68
a) Revêtements anodiques ................................................................................................. 68
b) Revêtements cathodiques .............................................................................................. 69
III.4.2 Revêtements non métalliques ..................................................................................... 69
III.4.2.1 Revêtements inorganiques ................................................................................... 69
III.4.2.2 Revêtements organiques ...................................................................................... 70
a) Les revêtements en bitume ........................................................................................ 71
b) Les revêtements polymériques ................................................................................... 71
c) Les peintures et les vernis ............................................................................................. 71
III.4.3 Choix du revêtement .................................................................................................. 72
III.5 Protection avec inhibiteurs de corrosion ............................................................................ 73
III.5.1 Définition ................................................................................................................... 73
III.5.2 Classes d’inhibiteurs .................................................................................................. 73
III.5.2.1 Classification des inhibiteurs par domaine d’application ...................................... 74
a) Les inhibiteurs organiques......................................................................................... 75
a) Les inhibiteurs minéraux ........................................................................................... 75
III.5.2.2 Classification des inhibiteurs par réaction partielle .............................................. 77
a) Les inhibiteurs anodiques .......................................................................................... 77
b) Les inhibiteurs cathodiques ....................................................................................... 77
c) Les inhibiteurs mixtes ............................................................................................... 78
III.5.3 Mécanismes d’action électrochimique .................................................................... 78
III.5.3.1 Inhibition de corrosion par adsorption.............................................................. 79
III.5.3.2 Inhibition de corrosion par passivation ............................................................ 80
III.5.3.3 Inhibition de corrosion par précipitation .......................................................... 80
III.5.3.4 Inhibition de corrosion par élimination de l'agent corrosif ................................ 80
III.6 Protection électrochimique ................................................................................................ 81
III.6.1 Protection cathodique ................................................................................................. 81
III.6.1.1 Définition ............................................................................................................ 81
III.6.1.2 Champs d’application de la protection cathodique ............................................... 82
Table des matières
Tableau 3 : Résistance à la corrosion de certains métaux dans les milieux corrosifs .................. 63
Tableau 4 : Caractéristiques des anodes sacrificielles ................................................................. 86
Tableau 5 : Avantages des anodes sacrificielles à base de zinc, d’aluminium à l’indium et de
magnésium .................................................................................................................................... 88
Tableau 6 : Domaines d’application des anodes sacrificielles à base de zinc, d’aluminium à
l’indium et de magnésium ............................................................................................................. 89
Tableau 7 : Comparaison entre un système à anodes galvaniques et un système à courant
imposé ........................................................................................................................................... 91
Introduction générale
1
Chapitre I : Les différents types de corrosion
2
Chapitre I : Les différents types de corrosion
3
Chapitre I : Les différents types de corrosion
Cette tendance est bien plus grande que celle d'un potentiel de corrosion plus négatif. Les
métaux dont le potentiel est le plus négatif sont les plus susceptibles de se retrouver en
solution. Les métaux situés en haut de l'échelle sont dits nobles. Le tableau ci-dessous
(tableau 1) présente le potentiel de dissolution de certains métaux dans une solution de
NaCl à 3%, mesuré à partir d'une électrode de calomel saturée à 20 °C.
R.T aox a
Eox / red Eox0 / red ln (1)
n.F ared b
Où :
E ox/red : potentiel de la réaction électrochimique en volt (V).
4
Chapitre I : Les différents types de corrosion
2+
Mn (aq) /Mn (S) Mn(2aq ) 2e Mn( S ) -1,19
2+
Zn (aq) /Zn (S) Zn(2aq ) 2e Zn( S ) -0,76
3+
Cr(aq) /Cr(S) Cr(3aq ) 3e- Cr( S ) -0,74
2+
Fe(aq) /Fe(S) Fe(2aq ) 2e Fe( S ) -0,44
2+
Cd(aq) /Cd(S) Cd(2aq ) 2e- Cd( S ) -0,40
+
Ti(aq) /Ti(S) Ti(aq ) e- Ti( S ) -0,34
2+
Ni(aq) /Ni(S) Ni(2aq ) 2e Ni( S ) -0,25
2+
Sn (aq) /Sn (S) Sn(2aq ) 2e- Sn( S ) -0,14
2+
Pb(aq) /Pb(S) Pb(2aq ) 2e Pb( S ) -0,13
2+
Cu (aq) /Cu (S) Cu(2aq ) 2e Cu( S ) +0,34
+
Cu (aq) /Cu (S) Cu(aq ) 1e Cu( S ) +0,52
+
Ag(aq) /Ag(S) Ag(aq ) 1e Ag( S ) +0,80
2+
Pt (aq) /Pt (S) Pt(2aq ) 2e- Pt( S ) +1,19
Pt 3+
(aq) /Pt (S) Pt(3aq ) 3e- Pt( S ) -1,20
Au3+
(aq) /Au (S) Au(3aq ) 3e- Au( S ) +1,52
+
Au(aq) /Au (S) Au(aq ) e- Au( S ) +1,83
5
Chapitre I : Les différents types de corrosion
2 H 2e H 2 (2)
H 2 2 H 2e- (3)
6
Chapitre I : Les différents types de corrosion
Quand deux métaux sont réunis pour former une pile, celui avec le potentiel le
plus négatif sera l'anode et sera corrodé, cette propriété est principalement employée pour
la protection cathodique. Dans le cas d'un couple cuivre-fer, le cuivre est la cathode et le
fer est l'anode, dans l'eau salée par exemple, la différence de potentiel de la pile sera de :
∆E = ECu - EFe = (-0,18) - (-0,7) = + 0,52 V, ainsi le fer se corrode. Les différences de
potentiels entre les métaux, peuvent être calculées par la différence entre leurs potentiels
standards.
Ce potentiel est de 0,462 volt entre Cu-Ag et 1,1 volt entre Cu-Zn. Les valeurs des
potentiels standard sont mesurées dans des conditions réversibles (aucune corrosion),
l'électrode de référence est une électrode impolarisable et dont le potentiel est choisi à
zéro sous conditions standard : PH2 = 1 bar ; T = 298 °C.
1
H 2O 1e H 2 OH (4)
2
Les ions H+ :
1
H 1e H2 (5)
2
O2 4 H 4e 2 H 2O (6)
7
Chapitre I : Les différents types de corrosion
8
Chapitre I : Les différents types de corrosion
La diversité des coûts rend difficile et incertain d'évaluer les coûts économiques de la
corrosion. Toutefois, ce sont certainement des montants assez importants.
9
Chapitre I : Les différents types de corrosion
M GX (8)
Le gaz considéré est souvent de l'oxygène mais d'autres gaz tels que : Cl2, Br2,
SO2 ou H2S doivent aussi être pris en considération. Ce type de corrosion se produit
principalement au niveau des fours, des chaudières et des turbines à gaz.
La corrosion en phase gazeuse à haute température se produit dans plusieurs
domaines industriels (métallurgie, chimie, pétrochimie, production d'énergie, transport
aérien, automobile, ...). L'augmentation des températures lors de l'utilisation des
matériaux améliore souvent les rendements. Par contre, cette augmentation favorise
l'interaction de différents alliages (fer, chrome, nickel et aluminium...) avec le milieu
gazeux, notamment, les phénomènes de corrosion à haute température (oxydation,
carburation, effusement métallique, sulfuration, nitruration, …) (figure 3).
Les effets négatifs et même catastrophiques de ces phénomènes de corrosion
peuvent se manifester sous plusieurs formes : la diminution du transfert de chaleur dans
les installations, la présence de fissures entraînant la détérioration de l'équipement, etc.
10
Chapitre I : Les différents types de corrosion
Le coût de ces altérations et les temps d’arrêt liés aux opérations de réparation sont donc
très élevés. L'une des questions les plus importantes dans l'industrie est donc de surveiller
l'état du matériel en service afin d'intervenir de façon préventive et judicieuse. La
surveillance en ligne de la corrosion des alliages permettrait de réaliser des gains
économiques et d'améliorer la sécurité des installations.
Dans les installations pétrochimiques et pétrolières, diverses formes de corrosion
des équipements en métal sont présentes à des températures élevées : La corrosion par
l'hydrogène (décarburation), les composés carbonés (cokéfaction, effusion de métal,
carburation), les composés sulfurés (attaque de sulfuration) et le vieillissement thermique
des matériaux métalliques.
Quand le réactif est gazeux ou que cette corrosion se produit à haute température,
on l'appelle alors corrosion sèche ou corrosion à haute température. La réaction qui se
produit est du type :
11
Chapitre I : Les différents types de corrosion
12
Chapitre I : Les différents types de corrosion
13
Chapitre I : Les différents types de corrosion
14
Chapitre I : Les différents types de corrosion
métabolisme, en jouant un rôle clé, soit en accélérant un processus déjà établi, soit en
créant les conditions adéquates pour sa création (exemple : production de H2SO4 par
certains types de bactéries). Lorsque les colonies de microorganismes se fixent à la
surface du matériau, elles créent ce que l'on appelle alors un biofilm.
La corrosion bactérienne est provoquée par un métabolisme bactérien dont le
mécanisme est similaire à celui de la corrosion électrochimique. Ce type de corrosion
survient principalement dans des installations d'injection d'eau. Ce procédé concerne
principalement l'attaque bactérienne de conduites enterrées ou de réservoirs : ces bactéries
utilisent certains des éléments chimiques du matériau pour le transformer en ion
métallique ou sécréter des produits chimiques agressifs contre le métal. C'est l'agression
des métaux par les produits du métabolisme de certains microorganismes. Il est souvent
observé sur les canalisations enterrées et les structures immergées dans l'eau de mer.
La figure ci-dessous (figure 6) présente la corrosion bactérienne.
15
Chapitre I : Les différents types de corrosion
L'hydrogène, par exemple, vient des régions cathodiques, ce qui entraîne une
dépolarisation des cathodes et une formation accélérée de Fe2+ aux anodes.
S 2 Fe 2 FeS (13)
c. Dans certains cas, il est possible d'observer des dépôts adhérents sur les conduites
résultant de l'attaque, non du métal lui-même, mais de certains composants de
l'environnement ambiant produits par les bactéries. Par conséquent, il forme des
piqûres sur le métal, à l'endroit où le dépôt a eu lieu, à la suite d'un processus de
corrosion par différence de concentration d'oxygène.
Les bactéries responsables de la bio-corrosion sont :
1) Les sulfobactéries
Ces bactéries aérobies métabolisent le soufre issu de composés réduits et le
rejettent dans l'environnement ambiant ou le stockent dans leurs cellules, ce qui entraîne
la formation de boues. Les sulfobactéries peuvent également oxyder le soufre et former
des produits acides (H2S04) et donc entraîner une acidification corrosive avec une
modification significative du pH du milieu.
16
Chapitre I : Les différents types de corrosion
2) Les sulfato-réductrices
Les bactéries sulfato-réductrices sont les principales causes de corrosion des
métaux en l'absence d'oxygène. Une étude physiologique et enzymatique de certains
desulfovibrio a permis de comprendre le rôle de ces bactéries dans les phénomènes de
biocorrosion anaérobie.
Le désulfurovibrio peut être responsable soit de la corrosion par contact direct
avec le métal, à l'aide de la couche d'hydrogène formée sur la surface, ou la corrosion
déstabilisante résultant de la consommation d'hydrogène dissous ou gazeux.
3) Les ferrobactéries
Les ferrobactéries tirent l'énergie nécessaire à leur synthèse de la transformation
de sels ferreux en sels ferriques dans des conduites métalliques ferreuses, il y a toujours
formation à un point sans protection ou altération de la surface d'une légère attaque du
métal en contact avec l'eau. Avec la formation d'hydroxyde ferreux, dans des conditions
normales se transforme rapidement en hydroxyde de fer et en carbonate grâce à l'oxygène
dissous et au dioxyde de carbone.
En général, le phénomène s'arrête là, la présence de ferrobactéries au moment de
l'attaque entraînera la mobilisation d'ions ferreux et leur transformation en sels ferriques
et ceci rapidement tant que le milieu contient des ions ferreux. Il y a alors formation des
amas volumineux de "rouille" (sel ferrique) contenant les corps bactériens suivie d'une
dissolution ininterrompue du métal.
17
Chapitre I : Les différents types de corrosion
3)Facteurs définissant les conditions d'emploi (état de surface, forme des pièces,
contraintes mécaniques, utilisation d'inhibiteurs, procédés d'assemblage).
4)Facteurs liés au temps (vieillissement, contraintes mécaniques, remplacement du
revêtement protecteur).
m
VC (14)
S *t
Où :
∆m : perte de poids après exposition de l'échantillon,
S : surface de l’échantillon,
t : temps d’exposition.
La vitesse de corrosion peut aussi être exprimée en fonction de ce courant ou, plus
précisément, de la densité du courant électrique (j), soit le courant par unité de surface
corrodée. Pour calculer le taux de corrosion, on utilise l'équation suivante :
1
VC (15)
n*F
Où :
n : nombre d'électrons correspondant à l'ionisation de chaque atome métallique,
F : constante de Faraday (96500 C/mol).
18
Chapitre I : Les différents types de corrosion
b) Effet de l’acidité
La sensibilité du matériau à la corrosion varie selon le pH de l'électrolyte. Une
forte concentration en protons dans la solution augmente l'agressivité du milieu, ce qui
modifie l'équilibre des réactions chimiques et électrochimiques. La corrosion augmente à
mesure qu'on abaisse le pH du milieu.
c) Régime hydrodynamique
Le transport de réactifs à l'interface ainsi que de produits de réaction à l'électrolyte
est susceptible de modifier la cinétique des réactions électrochimiques en modifiant la
concentration de l'espèce ainsi que le potentiel d'équilibre. Les conditions
hydrodynamiques fixent les taux de réaction en contrôlant le transport de matière par
l'établissement d'une couche limite de diffusion des espèces, appelée couche de Nernst,
19
Chapitre I : Les différents types de corrosion
C'est ce qui explique l'importance de l'agitation électrolytique dans les essais de corrosion
de laboratoire.
d) Salinité
Les chlorures sont des ions agressifs, entraînant souvent une corrosion localisée.
Leur présence en solution s'accompagne d'effets complémentaires, d'une part, leur
concentration locale entraîne une acidification du milieu et, d'autre part, la salinité influe
sur la conductivité du milieu aqueux.
e) Influence de l'oxygène
L'oxygène joue un rôle essentiel dans les mécanismes de corrosion des métaux et
de leurs alliages dans les environnements aérés. Dans l'eau de mer aérée, la concentration
d'oxygène dissous varie fortement parce qu'elle dépend des facteurs physiques, chimiques
et biologiques suivants : échanges au niveau de l'interface air/océan, diffusions et
mélanges dans la masse d'eau, phénomènes de photo oxydation, réactions d'oxydation
chimique, etc. La dissolution de l'oxygène est soumise aux lois physiques et dépend de la
pression atmosphérique, de la température et de la salinité de l'eau. La solubilité de
l'oxygène baisse avec l'augmentation de la température et de la salinité, mais augmente
avec l'augmentation de la pression. La solubilité de l’oxygène est de 2,8.10-4 mol/L à 20
°C en eau pure alors qu’elle est réduite à 2,3.10-4 mol/L à 20 °C pour une salinité de 0,35
%. En général, la concentration d’oxygène dissous varie de 0 à 5.10-3 mol/L.
20
Chapitre I : Les différents types de corrosion
exemples les plus connus sont les modifications chimiques des métaux dans l'eau,
notamment la rouille du fer et de l'acier. Toutefois, la corrosion est un domaine beaucoup
plus vaste qui affecte toutes sortes de matériaux dans des environnements variés. L'étude
de base des phénomènes de corrosion est essentiellement électrochimique. L'étude
appliquée des phénomènes de corrosion est un domaine de la science des matériaux, qui
comprend à la fois la chimie et la physique (physicochimie). Dans le monde, à chaque
seconde, près de 5 tonnes d'acier se transforment en oxydes de fer.
21
Chapitre I : Les différents types de corrosion
Fe Fe2 2 e (16)
Cette équation veut simplement dire que les atomes du métal (Fe) sous l'action
d'un procédé de corrosion se transforment en ions positifs (Fe 2+) qui laissent le métal
passer dans le milieu. Un changement dans l'état de la matière est lié à la réaction de
dissolution du métal, ce changement d’état s’accompagne de la libération d’électron (2 e-
dans le cas de fer).
Pour conserver la neutralité du milieu, les électrons émis par la réaction de
dissolution (16) doivent être consommés dans une seconde réaction, qui est la cathode :
La seconde réaction (17 ou 18) est liée au milieu avec lequel le matériau entre en
contact (électrolyte). Cette réaction découle de la décomposition du milieu.
Au cours d’un processus de corrosion, la surface du matériau est donc
nécessairement le siège de deux réactions :
Réaction de dissolution ou d’oxydation (réaction anodique).
La réaction de décomposition du milieu : « réduction » (réaction cathodique).
Le processus de corrosion, une surimposition de réactions anodiques et
cathodiques, s'accompagne de la circulation d'un courant électrique (circulation
d’électrons dans le métal et les ions dans l’électrolyte) entre les deux zones de l’interface.
Pour qu’un processus de corrosion se déclenche, il faut donc :
Une surface métallique avec des zones anodiques et des zones cathodiques, par
conséquent des hétérogénéités de potentiel.
22
Chapitre I : Les différents types de corrosion
23
Chapitre I : Les différents types de corrosion
M désigne le métal et Mn+ l'ion correspondant ; Red désigne l'espèce réduite et OXZ+
l'oxydant associé.
Quand les sites de réaction sont très proches les uns des autres et se propagent
aléatoirement sur la surface métallique et avec le temps, il y a une corrosion généralisée
(hypothèse de Wagner-Traud), qui donne lieu à une dissolution uniforme du matériau.
La réaction anodique correspond à la dissolution du métal :
M M n n e (20)
24
Chapitre I : Les différents types de corrosion
25
Chapitre I : Les différents types de corrosion
26
Chapitre I : Les différents types de corrosion
L'attaque de l'acier inoxydable par les chlorures constitue la forme la plus célèbre de
corrosion par piqûres. La surface de l'acier inoxydable est une couche d'oxyde qui assure
la protection de l'acier. Lorsqu'une petite rayure se produit sur la surface, il peut s'agir
d'une source de gradient potentielle entre la couche d'oxyde (cathode) et la rayure (anode),
causant une piqûre.
Le processus d'initiation de la piqûre peut être divisé en plusieurs étapes : la période
d'induction, l'initiation des piqûres et les processus de propagation. Les piqûres peuvent
pénétrer plusieurs millimètres pendant un court laps de temps si les conditions sont
extrêmement défavorables, comme le montre la figure ci-dessous (figure 10).
La figure suivante (figure 11) présente les mécanismes de corrosion par piqûres
dans les alliages d'aluminium.
27
Chapitre I : Les différents types de corrosion
28
Chapitre I : Les différents types de corrosion
29
Chapitre I : Les différents types de corrosion
une structure de base différente du grain, ils peuvent parfois réagir davantage à la
corrosion que le grain, Ceci peut conduire au développement d'une corrosion galvanique
nommée corrosion intergranulaire par laquelle l'alliage se désintègre. En fait, une corrosion
intergranulaire a également été observée autour de soudures en acier inoxydable
faiblement recuites.
30
Chapitre I : Les différents types de corrosion
plus dans le même environnement. Il y a formation d’une pile, la partie la moins noble
est l'anode tandis que la partie la plus noble est la cathode. Le rapport surface
anode/cathode joue un rôle très important en raison de la corrosion galvanique maximale
à la jonction des deux métaux.
Il convient de garder à l'esprit que plus l'anode est petite, plus la vitesse de dissolution est
grande.
Les métaux ou les matériaux qui peuvent être utilisés dans les couplages
galvaniques sont énumérés dans les tableaux galvaniques, selon leur potentiel de
corrosion dans un environnement sélectionné. De telles mesures doivent prendre en
considération les paramètres cinétiques de la corrosion.
Le matériau de potentiel le plus bas d’un couplage galvanique est l’anode, l’autre,
la cathode. Ces séries de potentiels permettent de déterminer le matériau qui sera le plus
actif dans un couple galvanique et dans un milieu donné. Ces tables doivent donc être
élaborés pour chaque milieu corrosif envisagé et dans des conditions se rapprochant le
plus possible des conditions réelles d'emploi des matériaux.
Le tableau suivant présente la classification galvanique dans l'eau de mer de certains
métaux et alliages :
31
Chapitre I : Les différents types de corrosion
32
Chapitre I : Les différents types de corrosion
I.14.2.5 Fatigue-corrosion
La fatigue-corrosion peut être définie comme l’action combinée d’un
environnement agressif et d’une contrainte cyclique entraînant une rupture prématurée du
métal par fissuration (figure 17).
Le mécanisme de rupture par fatigue comporte habituellement trois étapes :
• L’amorçage d’une fissure de fatigue à partir d’un défaut géométrique ou
métallurgique entraînant une concentration locale de déformation ou de
contrainte ;
• La propagation de cette fissure dans la pièce ;
• La rupture de celle-ci.
33
Chapitre I : Les différents types de corrosion
34
Chapitre I : Les différents types de corrosion
35
Chapitre I : Les différents types de corrosion
I.14.2.8 Érosion-corrosion
La corrosion-érosion a été définie comme la dégradation accélérée d'un matériau
en raison de l'action conjuguée de l'érosion physique et de la corrosion chimique. Elle
entraîne l'élimination des produits de corrosion résultant de l'action érosive du fluide ou
de la matière en suspension de ce fluide. Il intervient fréquemment sur des métaux
exposés à l'écoulement rapide d'un fluide (figure 21).
36
Chapitre I : Les différents types de corrosion
37
Chapitre I : Les différents types de corrosion
Exemples
- Alliages de cuivre dans l'eau de mer (ceux-ci sont sensibles à des vitesses de quelques
m/s).
- aciers faiblement alliés : pompes alimentaires, tuyaux de séchage...
Un acier faiblement allié est recouvert d'une couche d'oxyde de Fe3O4 qui le
protège légèrement ; à l’équilibre, la vitesse de formation est égale à la vitesse de
dissolution. Au fur et à mesure que la vitesse de l'eau augmente, l'oxyde se dissout plus
vite qu'il ne se forme et la couche s'amincit, favorisant la corrosion du métal.
La corrosion d'érosion a lieu dans un liquide en mouvement. Cette forme de
corrosion a un lien avec la vitesse de passage du fluide, elle se caractérise par un
amincissement local du métal qui prend la forme de rayures, de ravinements,
d’ondulations, toujours orienté dans la même direction. La vitesse de la corrosion-érosion
dépend :
De la vitesse de l’eau.
De la température.
38
Chapitre I : Les différents types de corrosion
Du pH.
La figure 23 montre le mécanisme par lequel les creux se forment sous l'effet de
l'érosion.
Une telle corrosion est étroitement liée aux circuits de chauffage. Le meilleur
moyen de lutter contre ce type d'attaque est de faciliter l'écoulement du flux en jouant sur
le profil des tubes.
39
Chapitre I : Les différents types de corrosion
40
Chapitre I : Les différents types de corrosion
réaction est alors limitée par le transfert de matière. Dans ce cas, la position du film
"limite" détermine en règle générale la valeur icorr. : le courant de corrosion est
directement proportionnel à la teneur en oxygène dissous dans la solution :
nFCO 2 DO 2
icorr ilim (22)
103
Avec :
CO2 : concentration en oxygène dissous de la solution(mol/L).
DO2 : coefficient de diffusion de l’oxygène(cm²/s).
δ : épaisseur de la couche de diffusion (cm).
n : nombre d’électrons mis en jeu (coefficient stœchiométrique des électrons
dans la réaction d’électrode).
F : constante de Faraday = 96500 C.mol-1.
c) Le contrôle mixte
Contrairement au cas dans lequel une étape d'une réaction électrochimique contrôle
la cinétique globale dont la réponse du système au signal d'entrée dépend de manière
41
Chapitre I : Les différents types de corrosion
i nF i 1 nF
i ia ic i0 1 exp 1 exp (23)
ia RT ic RT
Cette relation englobe les termes d’activation et de diffusion pures (icorr ou i0 ; ia ; ic).
42
Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
43
Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
44
Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Il faut donc définir des conventions de traçage, lesquelles font l'objet du paragraphe
suivant.
45
Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Dans la solution, les ions complexes tétraamine-cuivre (II) coexistent toujours avec les ions
cuivre (II) et les molécules d'ammoniac.
- Une espèce solide existe (activité égale à 1) ou n'existe pas (activité égale à 0) : il s'agit
du domaine d'existence et non de prédominance.
Lorsqu'une des espèces constitue une phase condensée pure (liquide ou solide), sa
concentration est sans signification. En outre, sa présence est conditionnée : l'espèce
correspondante est présente ou absente. Il n'y a donc pas toujours coexistence entre les deux
espèces, il faut alors définir un domaine d'existence des espèces condensées.
Ba 2 2 IO3 Ba ( IO3 ) 2 ( s )
Si un précipité d'iode de baryum est présent, les ions Ba2+ et IO 3- coexistent avec celui-ci.
Cependant, ces ions peuvent être présents dans une solution sans formation du précipité.
Les zones de prédominance relative (ou d’existence, pour les espèces insolubles dans
l’eau) de deux espèces A et B contenant le même élément chimique sont délimitées par
des frontières, dont nous écrivons :
D’une part une condition d’équilibre thermodynamique,
D'autre part, éventuellement, une condition arbitraire mais clairement énoncée
concernant les concentrations d'une ou des deux espèces solubles.
La droite du diagramme sépare les domaines de prédominance lorsque les deux
espèces sont dissoutes ou gazeuses.
S'il s'agit d'une espèce solide, la droite délimite alors le domaine d’existence du
solide.
46
Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
des zones d'existence ou de prédominance de ces espèces, séparées les unes des autres
par des limites verticales, obliques ou horizontales.
Des règles très précises sont requises pour réaliser les diagrammes de Pourbaix.
1. Un diagramme de Pourbaix est relatif à un élément chimique donné.
Identifier les espèces concernées et établir le nombre d'oxydation de l'élément
dans chacune d'elles. Les espèces chimiques sont placées sur le diagramme par
nombre d’oxydation croissante selon l’axe des potentiels croissants (plus le n.o
est élevé, plus l’espèce chimique est en haut).
Deux espèces chimiques au même n.o. seront séparées par des frontières
verticales.
2. Pour simplifier, on suppose que les solutions sont idéales et les gaz sont parfaits.
Il en résulte que les activités seront systématiquement assimilées en
concentrations (pour les espèces dissoutes) ou en pressions partielles (pour les
espèces gazeuses). L'activité des espèces solides sera égale à 1.
3. Choix des conventions de limites : les conventions de traçage sont établies par
l'énoncé. Lorsqu'on écrit la loi de Nernst ou lorsqu'on étudie les équilibres acido-
basiques, il faut connaître les concentrations de certaines espèces chimiques.
4. Identifier le type d'équilibre existant entre les différentes espèces chimiques :
l'équilibre acide-base fera apparaître des limites verticales dans le diagramme. Les
équilibres oxydo-réduction font apparaître des frontières horizontales ou obliques
dont l'équation est donnée par la loi de Nernst. On peut à ce stade de
raisonnement, tracer le diagramme de Pourbaix.
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
totalement (ou quasi-) efficace, ce domaine sera considéré comme une zone de
passivité. Les films passifs (oxydes, etc.) doivent être compacts, inertes et
adhérents au métal qu'ils protègent.
Domaine de corrosion acide ou basique dans laquelle les ions métalliques ou
complexes) sont stables.
Couple 1 : H2O/H2
H 2O e 1/ 2 H 2 OH (24)
Ce qui peut s'écrire :
H 1e ½ H 2 (25)
Couple 2 : O2/H2O
½ O2 2e 2 H H 2O (26)
Les potentiels apparents des deux couples rédox de l'eau sont donc :
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
0, 06 H
E1 E
0
log (27)
1 1/2
1 PH 2
On peut admettre que PH2 = 1 bar et sachant que E 0H+ /H = 0 V . L'expression devient
2
E1 0, 06 log H 0, 06 pH (28)
2 1/2
0, 06 H PO2
E2 E2
0
log (29)
2 1
On peut admettre que PO2 = 1 bar et sachant que E0O2 /H2O = 1,23 V . L'expression devient :
E2 1, 23 0,06 pH (30)
On trace les deux droites correspondant à ces deux équations (figure 28). Sur une
droite du graphique (avec abscisse constante), les nombres d'oxydation augmentent pour
le même couple. Par exemple, pour la paire O2/H2O, le domaine prédominant O2 se situe
au-dessus de celui de H2O. En effet :
- n.o. (O dans la molécule O2) = 0 ;
- n.o. (O dans la molécule d’eau) = - II.
Pour le couple H2O/H2, le domaine de prédominance de H2O se situe au-dessus de celui
de H2. En effet :
- n.o. (H dans la molécule d’eau) = + I ;
- n.o. (H dans la molécule H2) = 0.
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
On en déduit thermodynamiquement :
L’eau est stable entre les deux droites du tracé.
Pour des potentiels supérieurs à ceux de la droite frontière du couple O2
(g)/H2O(l), l’oxydation de l’eau a lieu et s’accompagne d’un dégagement gazeux
de dioxygène.
Pour des potentiels inférieurs à ceux de la droite frontière du couple H+(aq)/H2(g),
la réduction de l’eau a lieu et s’accompagne d’un dégagement gazeux du
dihydrogène.
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
L’ion Fe3+ ne peut exister qu’en milieu très acide, pour cette raison que les
solutions ferriques sont toujours très acides.
Les solutions ferreuses (Fe2+) sont également à pH acide.
Le fer au degré III et 0 n’ont pas de domaine commun, si l’on met en présence des
ions Fe3+ et Fe(s) (sous forme de limaille), il se produit la réaction suivante :
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
E 0Fe2+ = - 0,44 V
(aq) /Fe(s)
pK s1 (Fe(OH) 2 ) = 15,1
pK s2 (Fe(OH)3 ) = 38
2 K s1
K s1 = Fe 2+ OH - OH
Fe2
1015,1
1013,1 pOH log 1013,1 6,55
1
OH 2
10 2
pH1 7, 45 (33)
3 Ks2
K s2 = Fe3+ OH - OH 3
Fe2
1038
1036 pOH log 1036 12
1
OH 3
2
10 3
pH 2 2 (35)
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Fe 2+
(*)
log
0 0,06
E Fe2+ /Fe = E +
Fe2+ /Fe
2 Fe
0 0,06 Fe3+
E Fe3+ /Fe2 = E Fe3+ /Fe2
+ log (**)
1 Fe2
Mais, comme le potentiel de la solution peut s’exprimer à partir de n’importe quel couple
présent, il suffit de reprendre l’expression (*) et de remplacer Fe 2 par son expression
en fonction du Ks1 :
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Fe 2+
log
0 0,06
E=E +
Fe2+ /Fe
2 Fe
K . H + 2
0,06 s1
E=E 0
+ log
Fe2+ /Fe
2 Ke2
E - 0, 053 - 0, 06 pH (41)
Mais il est plus astucieux de reprendre l’expression (**) et de remplacer Fe3 comme
suit :
K . H + 3
E = E 0Fe3+ /Fe2+ + 0,06log 3 2+
s2
K e . Fe
(aq) (aq)
Si on applique les conventions de tracé, il vient :
K . H+ 3
E = E 0Fe3+ /Fe2+ + 0,06log 3 2+
s2
K e . Fe
(aq) (aq)
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
K s2 . H +
E = E 0Fe3+ + 0,06log
K e .K s1
2+
(aq) /Fe(aq)
Si on applique les conventions de tracé, il vient :
E 0, 23 - 0, 06 pH (45)
55
Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Rapidement, nous voyons quels sont les domaines de prédominance des ions Fe3+ ou Fe2+
et quels sont les domaines d'existence des solides Fe(OH) 2(s), Fe(OH)3(s) ou Fe(s).
A : Domaine de prédominance de Fe3+(aq) : Fe3+ n’est prédominant que dans les solutions
de potentiel élevé et dans des solutions qui doivent être très acides.
B : Domaine d’existence de Fe(OH)3(s).
C : Domaine d’existence de Fe(s)
D : Domaine d’existence de Fe(OH)2(s)
E : Domaine de prédominance de Fe2+(aq)
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Fe 2 H 3O Fe 2 H 2 2 H 2O (46)
S'il y a excès d'acide, le métal disparaît et on obtient une solution d'ions de fer (II).
L'eau oxyde le métal, mais l'écart entre les courbes est plus petit, ce qui fait que la
réaction n'est pas quantitative. En outre, elle fournit essentiellement de l'hydroxyde de
fer (II) selon la réaction suivante :
Fe 2H 2O Fe(OH )2 H 2 (47)
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Quel que soit le pH, le fer (II) et le fer (III) sont stables dans l'eau. En milieu aqueux, on
observe le plus souvent des ions ferreux (divalents) et ferriques (trivalents).
Le fer métallique est oxydé en milieu acide.
Le fer n’est pas stable dans l’eau → domaine disjoint.
En présence de dioxygène, seul le fer (III) est stable. Pour cette raison, les
solutions de fer (II) utilisées au laboratoire doivent être fraîches car elles s'oxydent
progressivement en fer (III) au contact de l'air.
De même, un précipité verdâtre de Fe(OH)2 se colore de rouille par oxydation au
contact de l'O2 à Fe(OH)3.
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
Plus généralement, la réduction de Fe2+ en Fe est possible pour tout couple donc la
limite est en dessous de celle de Fe2+/Fe. L'oxydation de Fe2+ à Fe3+ est possible dans un
milieu acide par un oxydant dont le potentiel est supérieur à celui entre Fe 2+/Fe3+, et à
l’inverse il y’a une réduction pour tout potentiel en dessous.
On constate que quel que soit le pH et le degré d'aération de l'eau, les zones de
stabilité des deux éléments sont superposées, elles sont par conséquent compatibles. Par
conséquent, leur contact ne provoque pas de réaction de corrosion. Le domaine de stabilité
du métal est aussi connu en tant que "domaine d'immunité".
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
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Chapitre II : Diagrammes de phases : Digramme potentiel-pH
et applications
être positif, mais il faut une étude cinétique. En revanche, s'il est négatif, le métal est
immunisé et ne peut donc pas se corroder. C'est une information fiable qui est utilisée
dans le cadre de la protection cathodique. Une autre limitation de ces diagrammes est
qu'ils ne peuvent être établis que pour les métaux purs. Par conséquent, il n'est pas
possible de tirer des conclusions en ce qui concerne les alliages (à l'exception de la limite
pour les métaux faiblement alliés).
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
III.1 Introduction
Les moyens de protection et de prévention de la corrosion sont les suivants :
Prévention par un choix judicieux des matériaux,
Prévention par une forme adaptée des pièces,
Protection par revêtement,
Protection par inhibiteurs de corrosion,
Protection électrochimique.
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
Milieu Fe Cr Ni Cu Al Zn Ti Ta
Air humide - + + + + m + +
Eau de mer - + + m m - + +
Acide oxydant - + m - - - + +
Acide + Cl- - + m - - - m +
Base + O2 + + + + - - + m
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
Figure 34 : Diminution du risque de corrosion d'un coude. Risque plus élevé pour
(a) que pour (b).
c) Contraintes
La distribution des contraintes dans une pièce influence sa sensibilité à la
corrosion sous contrainte. Une forme arrondie au voisinage de la tête d'un boulon évite la
concentration des contraintes (figure 35). L'usinage introduit souvent des contraintes
résiduelles dans les pièces, un traitement thermique adéquat permet alors de les réduire,
indépendamment de la forme.
65
Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
différents métaux n'est pas toujours possible. L'utilisation de pièces sacrificielles, peu
coûteuses et faciles à remplacer, peut parfois résoudre le problème (Figure 36).
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
corrode le substrat localement et agit comme une anode. En revanche, lorsque le dépôt
est moins noble que le substrat, le phénomène est inversé. Le dépôt joue le rôle d'anode
et se détériore, alors que le substrat cathodique reste protégé.
Les revêtements métalliques servent couramment à protéger les métaux moins
nobles, en particulier contre la corrosion atmosphérique. En plus de leur effet
anticorrosion, ils remplissent souvent une fonction de décoration. Ils servent aussi de
protection contre l'usure.
a) Immersion
Les parties à protéger sont immergées dans un bain métallique fondu. Les revêtements
les plus courants sont les métaux de faible point de fusion :
- étain : étamage,
- zinc : zingage, galvanisation
Applications : Protection contre la corrosion atmosphérique. Pièces de machines à laver,
corps de vannes, bacs.
b) Diffusion
Les pièces à protéger subissent un traitement thermique en contact avec un élément
chimique. Celui-ci diffuse depuis la surface. La pièce est couverte de métal pur à la
surface avec une sous-couche d'alliage :
- shérardisation : cémentation à 350°C de sable et de gris de zinc,
- chromisation : cémentation au fluorure de chrome à 1050 °C,
- calorisation : cémentation Al + Al2O3 à 850 °C.
Applications : Pièces mécaniques ; esthétique ; décoration
67
Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
c) Métallisation
Le métal protecteur (Zn, Al) est fondu à l'aide d'un pistolet métallique à gaz. Le métal
fondu est pulvérisé à l'air comprimé. Les gouttelettes sont donc projetées sur la pièce à
grande vitesse (environ 100 m/s), permettant leur soudage en donnant un dépôt très
adhérent et une très bonne protection.
Applications : canalisations souterraines en fonte ou acier, automobile.
d) Placage
Procédé effectué sur tôles en laminage à chaud. La pression et la diffusion thermique
assurent la liaison entre le métal qui doit être protégé et le métal de protection. Le cuivre,
le nickel et le laiton sont utilisés pour protéger les métaux ferreux et l'acier inoxydable.
Le cuivre, le nickel et le laiton sont utilisés pour protéger les métaux ferreux et l'acier
inoxydable.
Applications : construction mécanique, chaudronnerie, cuves.
e) Electrolyse
Un courant électrique traverse un bain électrolytique à travers une cathode composée
de la pièce à protéger (pôle –) et de l'anode du métal à déposer. Le métal d’apport se
dissout dans l’électrolyte et se dépose sur la cathode. Principaux métaux d’apport utilisés
: cuivre, nickel, chrome, zinc, étain. Il existe plusieurs étapes à suivre : par exemple, le
chromage d'une pièce en acier nécessite un placage en cuivre suivi d'un nickelage.
Applications :
- Dépôts épais : dépôts pour gravure électronique, vilebrequins, matrices, moules...
- Dépôts minces : décoration, sous-couche avant dépôt final, pistons et segments,
industrie électrique.
a) Revêtements anodiques
Le métal protecteur est moins noble que le métal à protéger, C'est le cas du processus
de galvanisation (exemple : revêtement de zinc). En cas de défaut de revêtement, une pile
locale se forme et ce dernier se corrode en protégeant cathodiquement le métal de base.
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
La protection est ainsi assurée dans la mesure où la quantité de revêtement est supérieure
à l'absence de défauts, l'épaisseur est par conséquent un élément important de ce type de
revêtement. Elle varie généralement entre 100 et 200 μm.
b) Revêtements cathodiques
Le métal protecteur est plus noble que celui qu'il faut protéger. C'est le cas, par
exemple, du revêtement au nickel ou au cuivre sur l'acier. Dans le cas d'un défaut de
revêtement, la pile de corrosion formé peut entraîner une perforation rapide du métal de
base, aggravé par le rapport entre "petite surface anodique" et "grande surface de
cathode". Dans ce cas, la continuité du revêtement est par conséquent le facteur le plus
important.
L’anodisation
C’est une méthode utilisée principalement dans le cas de l'aluminium et de ses
alliages. Pour réaliser l’anodisation de l’aluminium, on l’immerge dans une solution
appropriée par exemple l’acide sulfurique, et on applique une tension de 15 à 25 V durant
30 à 60 minutes. L'épaisseur du film d'oxyde naturellement formé sur la surface n'excède
pas 1/10 micron. Il est une protection inadéquate contre les attaques chimiques et
l'abrasion. Le traitement d'oxydation permet de former sur la surface du métal, par
électrolyse, un film d'alumine épais, dur et protecteur.
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
Phosphatation
C’est une méthode consistant à faire une sous-couche permettant une meilleure
adhérence des peintures à la surface d'une pièce à protéger. La pièce est immergée dans
une solution de phosphate de manganèse, de zinc ou de sodium, portée à une température
de 80°C à 100°C. L'immersion prend entre quelques minutes et une heure. Des cristaux
de phosphate de fer insolubles sont formés à la surface du métal qui permettront ensuite
une meilleure adhérence mécanique de la peinture ou une protection naturelle.
Chromatisation
Elle s’applique principalement au zinc et à l’aluminium, souvent après un traitement
de phosphatation ou d'anodisation préalable, dont l'effet est renforcé. Pour réaliser une
chromatation, on immerge l’objet dans une solution qui contient des ions chromates ou
bichromates
Les couches de chromatation constituent une barrière entre le métal et le milieu. De
plus, les chromates emprisonnés dans le film protègent le substrat avec un effet
chimique ils conservent les conditions d'oxydation et facilitent la passivation du métal
dans les pores et les défauts du film. Toutefois, la toxicité des chromates sur
l'environnement naturel constitue un désavantage majeur.
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
Peintures et vernis (en plus de protéger ils assurent une fonction décorative).
Ils se distinguent par des couches très minces (100 µm), leurs principaux composants sont
:
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b) Ouvrages immergés
Les installations offshores fixes et les navires.
Les bouées et ouvrages portuaires.
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
(d)
Figure 41 (a-d) : Protection cathodique par anode sacrificielle : (a) d'un échangeur
de chaleur ; (b) réservoir d’eau ; (c) canalisation enterrée ; (d) bateau.
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Principe
La protection par courant imposé (ou de soutirage) utilise une source d'énergie
électrique à courant continu qui s'écoule dans un circuit comprenant.
Masse anodique ou (un déversoir).
L'électrolyte (sol ou eau).
La structure à protéger.
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Chapitre III : Les divers moyens de protection contre la corrosion
Le pôle positif de la source est relié au déversoir tandis que le pôle négatif est relié à
la structure à protéger. Comme le montre la figure 49, le courant provenant du déversoir
traverse l'électrolyte puis pénètre dans la structure, créant ainsi une baisse potentielle
désirée correspondant à l'immunité du métal. Par exemple, pour l'acier présent dans un
sol type, la différence de potentiel (d.d.p) entre l'électrode de référence du sulfate de
cuivre saturé (ECS) est inférieure à –0,850 V en tous points de la structure. En général,
la valeur limite inférieure recherchée se situe autour de -1 V. Le schéma suivant (figure
42) illustre le principe de la protection par courant imposé en utilisant un générateur de
courant continu connecté entre la structure à protéger (cathode) et une ou plusieurs anodes
auxiliaires (appelées déversoirs de courant) utilisant n'importe quel matériau conducteur
(de préférence inattaquable).
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Références bibliographiques
[1] ISO 8044, « Corrosion des métaux et alliages. Termes principaux et définitions », Norme
internationale, numéro de référence ISO 8044, Genève, Suisse, 2000.
[2] D. Landolt, Corrosion et chimie de surface des Métaux, 1st Edition, Alden Press, Oxford
1933.
[3] J. Benard, A, Michel, J. Philibert, J. Talbot, Métallurgie générale, Masson Editeurs, 1969
[6] E. S. Ivanov, «Inhibitors for Metal Corrosion in Acid Media», Metallurgy, Moscow, 1986.
[9] Z. Khiati, « Inhibition de la corrosion du cuivre en milieux chlorure et sulfate neutres par
une nouvelle molécule dérivée du 1,2,4-triazole », Thèse de doctorat, Université Paris 6 - Pierre
et Marie Curie; Université des Sciences et de la Technologie d’Oran (Algérie), 2013.
[11] N. Lebozec, Thèse de Doctorat « Réaction de réduction de l’oxygène sur les aciers
inoxydables en eau de mer naturelle. Influence du biofilm sur les processus de corrosion »,
Université de Bretagne Occidentale, 2000.
[12] F. Dabosi, G. Beranger, B. Baroux, Corrosion Localisée, Les Editions de Physique, EDP
Sciences, 1994.
[16] Guy MURRY, Aciers généralité, technique de l’ingénieur, traité Matériaux métalliques,
M300, centre français d’exploitation 2002.
94
Références bibliographiques
[18] P. Olav Gartland: Choosing the right positions for corrosion monitoring on oil and gas
pipelines. Corr Ocean USA, Nace, Houston, 1998.
95